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Retour d'expérience de cours particuliers de mathémétiques à un enfant dyslexique en 4 ème.  

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stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif

Bonjour.

Je souhaiterais vous faire part d'un retour de ma toute petite expérience de professeur particulier non qualifié auprès d'un enfant dislexique en 4 ème.

Aucun parent ne sera surpris si je dis que j'ai trouvé au départ un enfant particulièrement démotivé et totalement désabusé quand à ses capacités intellectuelles.

Une grande partie de l'année a été consacrée à lui donner les bases et jusqu'au second trimestre les notes ni les résultats n'ont pas été probants.

Ma méthode a essentiellement consisté à augmenter les connaissances de cours mais en consolidant autant que possible tous les acquis de cours par de courts exercices sur tout le cours vu précédemment , ce durant une heure 30.

L'éléve a doucement pris confiance en lui en s'habituant à maitriser et a refaire de plus en plus vite des exercices types identiques ou seules les valeurs numériques changeaient. Puis plus récemment j'ai pu commencer à mélanger plusieurs modules de connaissances de cours dans un même exercice (en fait plusieurs courts exercices).

J'ai au cours de cette période été confronté a des difficulté de type inversion de la position du signe à considérer pour un nombre (l'erreur consistait à prendre le signe qui était derrière le nombre) et plus souvent à cette erreur récurrente qui consistait à mélanger le + et le x, ce tout au long de l'année.

aussi j'ai cherché a approfondir mes connaissances sur le problème de la dyslexie et en suis venu à ces considérations suivantes :

il semble que la dyslexie consiste en une nouvelle fonction supplémentaire du cerveau qui tranforme un symbole écrit en un objet animé en 3 dimensions.

ainsi pour faire simple et si j'ai bien compris dans certains cas cela peut aller en partant par exemple de la lettre p et en l'animant avec toutes les symétries et rotations possibles à le regarder commme ce que les personnes dites "normales voient comme quatres lettre distinctes :

p q

b d

on voit bien avec ce simple shéma qu'une rotation ne change pas la représentaion des letttres

on a aussi

f

t

il en va de même en mathématiques avec le + et le x qui n'est qu'une simple rotation, d'ou , la très fréquente difficulté pour un dyslexique à passer de l'addition à la multiplication, que dire de la division qui devient insurmontable ensuite pour beaucoup d'entre eux.

donc la question que je me pose et vous pose : étant donné que la dyslexie est un évènement dont la fréquence semble augmenter avec le temps , deuxièmement que se qui pose problème de prime abord, c'est un environnement symbolique totalement inadapté à leur façon de fonctionner, ne faut il pas se poser la question pour nous gens dit "normaux" de savoir si au lieu de vouloir taxer la dyslexie de handicap, il ne serait pas temps de commencer à réfléchir à leur proposer un environnement symbolique en adéquation avec leur schéma mental et le notre afin de savoir définitivement si la dyselxie est réellement un handicap ou si elle bride l'expression de leur intelligence dans un environnemen inadapté pour eux. dit autrement est ce que l'essentiel des problèmes que rencontrent les dyslexiques viennent de ce qu'ils doivent être en lutte constante dans un environnement qui leur est hostile ?

car la question qui me vient a l'esprit est celle ci : pourquoi mon éléve n'a jamais fait la confusion entre le signe moins et divisé, et m'a répété à l'envie toute l'année des erreurs entre + et x, à trois reprises encore aujourd'hui malgrès 60 h de cours.

je précise que quand il mets le bon signe opératoire il maitrise désormais aussi bien l'adidtion que la multiplication en calcul mental.

la modification des symboles par exemple en remplaçant le + par un plus + entouré d'un cercle eviterait tout confusion symbolique entre + et x à bon nombres de dyslexiques et ne serait en rien gênant pour les gens dits normaux.

en résumé quand , devant le nombre croissant de dyslexiques, accepterons nous de faire un pas pour leur laisser une chance de pouvoir exprimer leur intelligence.

je précise que mon éléve maitrise à peu près correctement la distributivité malgrés quelques erreurs de signe,commence à bien se débrouiller sur les nombre relatifs, a parfaitement assimilé pythagore, thalès, la trigonométrie, et les volumes de pyramides et de cones de révolution mais manque encore de pratique.

je vais suivre cet éléve l'an prochain semble t'il , je ne manquerais pas de vous tenir informer de mes difficultés, de mes echecs ou de mes réussites.

cordialement

stéphane

Message édité par : stephaneww / 11-06-2011 15:16

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Posté : 11/06/2011 5:11
gene
 gene
(@gene)
Membre célèbre

Félicitation pour votre investissement et votre analyse de la dys.

Il n'y a pas de plus en plus de dys, le taux semble stable entre 5 et 10 % de la poulation.

Les pédagogies d'enseignements ont changé, celles ci ne favorisent pas les dys et les élèves faibles. Les exercices de répétition sont de moins en moins pratiqués en classe. La répétition est pourtant importante pour les dys puisqu'elle leur permet d'accèder au sécançage.

L'un des plus gros problèmes des dys après la lecture et l'écriture, est de réussir à développer et séquencer leurs raisonnements. La répétition permet aussi l'amélioration de la mémoire de travail.

Les dys prennent les problèmes dans leurs globalités, mais sont souvent incapables de déterminer les éléments importants et de décliner leurs raisonnements de façon concise.

L'aspect visuel que vous abordez est également un élément important qui rejoint les problèmes de lecture et d'écriture.

GENE

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Posté : 11/06/2011 8:15
stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif

Bonjour,

il est possible que mes sources soient fausses mais je trouve par exemple ici

http://www.centam.ca/dyslexie.htm#1

"Plusieurs études indiquent que la dyslexie est héréditaire. Elle serait programmée dans notre code génétique. Premièrement, il y a de 15 à 20 % des personnes dans la population générale qui sont dyslexiques"

J'ai lu par ailleurs une étude plus récente indiquant un taux de 23%, mais malheureuseuement je ne retrouve les références pour préciser à quoi correspond exactement ce taux dans le détail.

Si j'ai induit des personnes en erreur sur ce point je m'en excuse.

Pour ce qui est du séquençage en mathématqiues, ma pratique a consisté comme je l'ai expliqué à accumuler au fil du temps des connaissance réinvinsties dans des exercies courts variés et répétés dans un premier temps puis dans des exercices plus complexes ou une partie du travail consistait à identifier les modules de connaissance à mettre en oeuvre. J'avais appliqué cette méthode avec succès avec une éléve qui en deux mois de vacances est passée de 2/20 à 13/20 pour son examen de fin d'année en mathématiques en belgique. A volume de temps de cours identique, l'élève dyslexique ne pose pas plus de problèmes que l'élève belge, les progrès sont semblables.

Très cordialement

Stéphane

Message édité par : stephaneww / 11-06-2011 19:06

Message édité par : stephaneww / 11-06-2011 19:12

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Posté : 11/06/2011 8:49
curidys
(@curidys)
Membre de bonne réputation

Bonjour Stéphane,

Bravo pour la patience et votre travail dévoué! :=! Vous seriez peut-être intéressé par les travaux de Ronald Davis publiés dans ses livres ' le don de dyslexie' et 'le don d'apprendre ' . Il est lui-même dyslexique et a été le premier, à ma connaissance, à parler de vision '3d' et de désorientation. Bonne lecture. Amicalement Curidys

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Posté : 11/06/2011 9:10
stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif

Bonjour

J'ai eu connaissance de cette méthode lors de mes recherches.

J'ai attiré l'attention de la maman sur l'existence de cette méthode qui a ce que j'ai pu en lire était efficace.

Après je ne suis pas le parent 😉

Cordialement

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Posté : 11/06/2011 9:14
gene
 gene
(@gene)
Membre célèbre

On compte environ 20 à 30 % d'élèves en grosses difficultées en 6ème. Cependant tous ne sont pas dys, il y a les problèmes sociaux économique, culturel et éducatif qui entre en ligne de compte. Les chiffres varient selon les pays, les pays anglosaxons dont la langue est très difficile approcheront de 20 à 30 %, parce que leurs critères ratisseront plus large. L'Italie avec sa langue avec une phonétique plus abordable, repèrera beaucoup moins de dys (2 ou 3 %).

Un diagnostique de dys est toujours délicat à poser, c'est un diag par élimination.

Elimination d'un problème éducatif, culturel, de déficience intellectuel, d'audition, de vue, de la progression avec rééducation. C'est souvent une rude épreuve pour les parents, ils sont souvent les cibles faciles pour mettre en doute le diagnostique de dys.

GENE

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Posté : 11/06/2011 10:10
stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif

Merci pour ces precisions Gene

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Posté : 12/06/2011 3:08
Gentilcoquelicot
(@Gentilcoquelicot)
Membre éminent

Merci pour tout ce vous avez fait pour cet élève. :=!

Si d'autres enseignants pouvaient prendre exemple ... Les témoignages comme les votres, donnent de l'espoir.

Merci.

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Posté : 12/06/2011 2:17
minouchette
(@minouchette)
Membre éminent

Chouette enfin un prof normal,qui prend les choses à coeur.

Si vous sauvez un dys vous irez au paradis, merci pour votre élève !!!!!!!!!!!!!!!!! :=!

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Posté : 25/06/2011 10:10
Claude
(@Claude)
Membre noble

"J'ai au cours de cette période été confronté a des difficulté de type inversion de la position du signe à considérer pour un nombre (l'erreur consistait à prendre le signe qui était derrière le nombre) et plus souvent à cette erreur récurrente qui consistait à mélanger le + et le x, ce tout au long de l'année. "

Le problème que vous décrivez est assez classique chez les dyslexiques en effet.

Cela est dû à une vue en 3D qui leur fait voir un signe dans toutes les positions possibles, même vu de derrière.

Le + et le x sont très proches, il suffit d'une petite inclinaison. Le sens d'une opération, > ou <, c'est aussi un problème de rotation mentale de ce qu'ils voient en 2D.

C'est un peu la même chose lorsqu'ils confondaient plus jeunes le b,d,p,q, qui sont en fait le même signe dans des positions différentes au niveau spatial. Regardez un b tourner librement dans l'espace et vous verrez tantôt l'une ou l'autre lettre.

De plus, la logique veut qu'il soit possible de considérer qu'une multiplication est une suite d'additions du même nombre.

Les signes % et - ne sont pas confondables par rotation visuelle en 3D.

Voilà les explications logiques des difficultés que votre élève a rencontrées. Il faut du temps et la patience pour lui comme pour vous, son professeur, pour que ces notions se stabilisent visuellement et qu'il puisse les utiliser en faisant de moins en moins d'erreurs.

Mais ça arrivera encore, même en terminale S ce type de confusion, avec la fatigue ou le stress.

Certains appellent cela de la "désorientation"

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Posté : 21/08/2011 1:38
stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif

bonjour claude

"Le problème que vous décrivez est assez classique chez les dyslexiques en effet.

Cela est dû à une vue en 3D qui leur fait voir un signe dans toutes les positions possibles, même vu de derrière.

Le + et le x sont très proches, il suffit d'une petite inclinaison. Le sens d'une opération, > ou <, c'est aussi un problème de rotation mentale de ce qu'ils voient en 2D.
"

je vais essayer de lui proposer une technique pour parer au problème de la petite rotation + x en associant la barre verticale du + à un mur droit dans la pièce. j'ignore si ça marchera. pour je suis preneur de toute idée.

sinon j'avais bien observé que dès que mon élève faisais monter tout seul son stress par volonté de bien faire cela faisit resurgir très vite son problème dys. j'ai fait de mon mieux pour l'inciter à utiliser des techniques de respiration (prendre le temps de respirer deux ou trois fois profondément mais sans excès en se vidant l'esprit) afin de retrouver ses capacités intellectuelles pour être plus calme et ça marchait pas trop mal : en utilisant ça il arrivait à être mieux concentré et retrouvait ses bases pour proposer des solutions correctes uniques au lieu de partir désespérement dans tous les sens. bref je ne suis pas spécialiste mais j'essaye chercher et de lui proposer des petites ficelles pour qu'il puisse mieux s'adapter à ce monde dit "normal".

Message édité par : stephaneww / 21-08-2011 00:32

Message édité par : stephaneww / 21-08-2011 00:33

Message édité par : stephaneww / 21-08-2011 00:33

Message édité par : stephaneww / 21-08-2011 00:33

Message édité par : stephaneww / 21-08-2011 00:35

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Posté : 21/08/2011 2:30
gene
 gene
(@gene)
Membre célèbre

J'admire votre capacité d'analyse, en tant que dys et parent de dys, j'ai encore beaucoup de mal à me poser et reprendre les choses avec calme sans transmettre mon agitation et mon manque de concentration.

Pour les , ce qui a marché pour moi, c'est la notion de bouche ouverte ou fermé. Quand la bouche est ouverte, ce qui est du coté ouvert est plus grand et peut manger ce qui est plus petit. Ce n'est pas la petite bête qui mange la grosse. Bien préciser dans le cas générale, car biensûr pour un dys il faut préciser.

GENE

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Posté : 21/08/2011 2:26
stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif

bonjour

merci pour la ficelle ^^

n'admirez rien 🙂 je vous dirais plutot de faire attention à ce que vous ressentez et comment vous pouvez piochez dans les techniques et idées qui existent déjà pour vous aider. vous êtes dys, pas idiot 😀 . pour ce qui est de la capacité à se reconcentrer c'est tout simplement issue de mes connaissances et pratiques de techniques de relaxation ou de méditation. mais il en existe d'autres équivalentes qui peuvent apporter les mêmes bienfaits. la règle d'or c'est de ne pas se contraindre mais d'utiliser ce qui apporte un bien être ou un plus. 😉

à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.

cordialement

Message édité par : stephaneww / 21-08-2011 12:59

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Posté : 21/08/2011 2:55
Claude
(@Claude)
Membre noble

Pour > et <, il faut effectivement expliquer pourquoi il y a un petit bout (là où se rejoignent les lignes et un grand bout, là où les 2 lignes sont le plus éloignées. Ainsi, ce n'est plus un signe codé sans signification.

Il faut aussi lui montrer dans la verticalité, car il voit ce signe comme 1 seul signe qui tourne.

Donc, lui faire utiliser dans tous les sens et même ceux qu'on n'utilise pas en maths.

Dessiner un tout petit bonhomme et au dessus un gros bonhomme. Où rentre le mieux petit bonhomme dans le signe et où rentre le gros bonhomme ? Le grand on peut le mettre là où les branches sont très espacées. Donc, tout ce qui sera grand sera de ce côté et le petit bonhomme va dans le petit angle.

L'image de la bouche peut fonctionner aussi.

J'ai aussi utilisé un entonnoir et lui ai fait manipulé avec une noisette qui passe et se retrouve du petit côté, par contre la pomme ne passait pas et restait du grand côté. Il y avait un petit fruit et un gros fruit.

Il a fallu après passer aux quantités. On a essayé de faire passer un petit sac rempli de perles et un gros sac rempli de perles.

le sac contenant le moins de perles se retrouvait du petit côté et le sac trop gros pour passer, de l'autre.

Faire le dessin vu de profil de ce qu'on a fait.

La petite quantité à gauche, la grande à droite et schématiser l'entonnoir en utilisant le signe. Puis se placer de l'autre côté de la table et dessiner de l'autre côté ce que l'on voit.

Regarder ce que ça donne sur la feuille.

Il ne se trompera plus ensuite, il reverra l'expérience qu'il aura faite et saura pourquoi c'est dans ce sens qu'on doit dessiner le signe.

Passer par le visuel aide toujours les dyslexiques.

On peut inventer plein d'expériences et apprendre devient un plaisir qui utilise leurs capacités.

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Posté : 22/08/2011 1:30
stephaneww
(@stephaneww)
Membre actif
Citation : Claude 

Passer par le visuel aide toujours les dyslexiques.

On peut inventer plein d'expériences et apprendre devient un plaisir qui utilise leurs capacités.  

il n'est pas nécéssaire que ce soit spécialement des dys pour appliquer ce genre de techniques ça marche bien aussi avec des enfants dits normaux. il faut juste tenter de proposer aux dys quelque chose d'adapté à leur visualisation 3D, rien de plus à mon humble avis.

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Posté : 22/08/2011 1:56
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