Les troubles DYS (Dyslexie, dysphasie etc.)

Les troubles

Définition Dyslexie

/ Dysorthographie

C’est un trouble durable et persistant de l’acquisition du langage écrit chez un enfant, un adulte d’intelligence normale, scolarisé, vivant dans des conditions sociales conformes à la norme et sans trouble sensoriel ni psychologique.

Il existe plusieurs types de dyslexie :

  • Phonologique
    La plus courante : touche le décodage entre la trace écrite et le son : phonème-graphème
  • Lexicale
    Difficulté à décoder les mots irréguliers (ex : femme, monsieur) et à se composer un lexique de mots reconnus
  • Visuo attentionnelle
    Difficulté à repérer les lettres en certaine position dans les mots (voir notion d’empan visuo attentionnel S. Valdois), sauts de ligne….
  • Mixte
    Associant, cumulant plusieurs de ces formes

La compréhension peut être affectée par les difficultés de lecture (effort de décodage provoque une perte de sens).
La dysorthographie (durable) accompagne les dyslexies, mais aussi d’autres troubles. C’est la difficulté à assimiler le code orthographique et à appliquer les règles de grammaire.

Le diagnostic de dyslexie est fait par des bilans orthophoniques étalonnés avec des tests précis.

Pour les cas complexes (troubles associés), sur demande d’un professionnel de santé, le bilan peut se faire au centre de référence (niveau 3).

Particularité :

Le diagnostic ne peut être posé qu’après 18 mois d’apprentissage de la lecture (en cours de ce1).
Cependant, devant un enfant en difficulté à découper les sons (dès la maternelle), à entrer dans le rythme, en difficulté de langage oral, des repérages, des rééducations et des aides peuvent et doivent être mis en place en amont. Le diagnostic précoce des prérequis du langage est donc indispensable, en cas de difficulté.

Lire un bilan orthophonique c’est :

  • Prendre la mesure des zones déficitaires
  • Prendre la mesure des rééducations possibles
  • Voir les zones de scores qui vont bien (les compétences sur lesquelles s’appuyer)

Les difficultés des adultes dyslexiques perdurent très souvent à l’âge adulte.
La recherche de moyens de compensation à mettre en place doit s’organiser au plus tôt, c’est un gage de meilleure inclusion en scolarité et en vie professionnelle.

Les signes d’alertes d’un trouble dyslexique :

  • Retard de parole
  • Retard de langage (vocabulaire pauvre, écrit mal construit)
  • Aucun automatisme de lecture après 6 mois d’apprentissage quelle que soit la méthode utilisée
  • Inversions et confusions de lettres, de syllabes ou de mots (b et d…)
  • Transposition ou omission de lettres
  • Difficulté à déchiffrer les sons complexes
  • Mauvaise interprétation des phrases et mauvais découpage (ex: un jé néral)
  • Lenteur excessive dans toutes les tâches
  • Mauvais repérage dans le temps (passé, présent, futur) donc problème en conjugaison
  • Faible mémoire de travail (information retenue le temps de la traiter)
  • Difficulté à mémoriser les poésies, les tables de multiplication, les phrases longues
  • Le code orthographique ne s’acquiert pas

Dysphasie

C’est un trouble structurel, permanent et durable, spécifique et sévère des performances verbales en regard des normes établies pour l’âge, sans lien avec un déficit auditif, une insuffisance intellectuelle, une lésion cérébrale acquise, un autre trouble ou une carence affective.

Il existe plusieurs versants :

  • Dysphasie expressive : difficulté à dire, à trouver les mots, à produire des paroles claires, difficulté à construire une communication orale au même âge que les autres enfants. Il est possible de repérer divers stades : les premières associations de mots, les ébauches de phrases, la mise en place du verbe, du « je »…
  • Dysphasie réceptive : avec atteinte de la compréhension, une incapacité à reconnaître les sons du langage, à comprendre le sens des paroles qui lui sont adressés sans trouver à s’appuyer sur le contexte. Souvent la personne n’énonce pas sa difficulté de compréhension
  • Dysphasie mixte : associant les deux aspects

Le diagnostic est un bilan chiffré de langage oral (orthophoniste).
Pour les jeunes élèves dysphasiques, très souvent l’entrée dans l’apprentissage de la lecture (le langage écrit) peut être un levier précieux pour compenser une partie du trouble oral.

La lenteur et la fatigabilité, la dysorthographie peuvent accompagner son parcours.

Les signes d’alertes de dysphasie :

  • Retard de langage (vocabulaire pauvre, écrit mal construit)
  • Difficulté de conscience des sons (compétence travaillée dès la maternelle)
  • Un enfant qui : tarde à parler (pas de mots isolés à 2 ans), ne trouve pas ses mots, ne comprend pas un ordre complexe, ne construit pas de phrases à 3 ans (pas « je » – pas de verbe-pas de pluriel, pas de pronom « qui »)
  • Refus scolaire qui augmente avec les années parce que échecs successifs
  • Fatigabilité

Dyspraxie

C’est un trouble de l’automatisation et de la planification de la coordination des gestes, chez des personnes ayant une intelligence normale, évoluant dans un environnement affectif social et culturel ordinaire.

Il existe différentes formes de dyspraxie :

  • Difficultés gestuelles
  • Difficultés visuo spatiales
  • Difficultés constructives
  • Difficultés de repérage spatio temporel

Se retrouvent comme pour les autres troubles, mais ici avec beaucoup d’intensité, de la fatigabilité, une lenteur et une « maladresse ».
La surcharge cognitive liée au contrôle permanent pour exécuter les tâches, les gestes génère cette fatigabilité intense et minore la possibilité de gérer les informations autres.

Les conséquences sont nombreuses sur toutes les tâches (du domaine scolaire, sportif à la vie quotidienne) :

  • Troubles neuro visuels entraînant des difficultés en mathématiques, en lecture (sauts de ligne), impossibilité parfois de lire les tableaux, les schémas
  • Difficulté de repérage dans le temps, dans l’espace, en géométrie
  • Mauvaise organisation au quotidien (rangement du classeur, organisation générale, lavage de cheveux, couper ses aliments, conduite automobile)
  • Difficulté de mémorisation, de concentration, difficultés attentionnelles
  • Difficultés bucco phonatoires : mâcher, déglutir, prononcer
  • Difficultés ou désintérêt pour les jeux de construction
  • Découragement

Le bilan (ou les bilans pluridisciplinaires si troubles associés) se fait par le psychomotricien, l’ergothérapeute, le neuropédiatre. Le centre de référence pour les cas plus complexes (niveau 3).

Les signes d’alertes d’un trouble dyspraxique :

  • Difficulté à réaliser parfois les jeux de construction (puzzle, lego)
  • Difficulté pour découper (ciseaux), tracer (tenue de règle, compas, équerre)
  • Difficulté pour couper sa viande, réaliser des gestes d’habillement : lacets, boutons ou les gestes de toilette (lavage de cheveux)
  • Maladresse importante et fréquente
  • Mauvais repérage en géométrie
  • Difficulté d’ordre spatial (se ressent en géométrie, lecture et annotation de schémas)
  • Difficulté d’organisation personnelle (cartable, trousse…)
  • Difficulté voire impossibilité pour lire les tableaux à double entrée
  • Extrême fatigabilité entraînant des décrochages (concentration)

Dysgraphie

C’est un trouble spécifique d’apprentissage qui affecte l’écriture. Elle se caractérise par une calligraphie aléatoire, lente inégale, souvent accompagnée d’une grande fatigabilité, voire de douleurs.

On constate souvent une mauvaise tenue de l’outil d’écriture. C’est une difficulté à coordonner les muscles de la main, du bras sans pour autant souffrir d’un handicap neurologique Elle empêche de maîtriser et de diriger le crayon, elle peut générer des douleurs importantes du poignet et du coude.

La dysgraphie peut avoir plusieurs causes. Elle peut être favorisée par divers troubles d’apprentissages comme la dyslexie, la dysorthographie, l’hyperactivité, ou elle peut être liée à une certaine précocité ou concerner les élèves dont la capacité à être multitâche est affectée.
Un déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)… ou aussi une précocité intellectuelle peuvent être à l’origine d’une dysgraphie. Celle-ci touche à 70% des enfants « précoces ».

C’est parfois la motricité fine qui est défaillante. Parfois, on relève l’incapacité à écrire en même temps que l’on réfléchit au mot à écrire, à la manière de former les lettres, et à orthographier dans le même temps (incapacité à être multitâche).
Seuls des outils vont pouvoir contourner la difficulté :

  • La frappe clavier
  • Les outils de dictée vocale
  • Un secrétaire
  • Minimiser l’écrit

Sans remédiation l’élève se décale de plus en plus par rapport à la vitesse et la qualité d’écriture de son âge.
Pour diagnostic, le test utilisé est le BHK (échelle de dysgraphie) réalisé par un ergothérapeute.

Les signes d’alertes d’un trouble dysgraphique :

  • Écriture anormalement lente
  • Écriture qui se dégrade au fil de la page
  • Écriture douloureuse (poignet, coude)
  • Évitement de l’activité d’écriture
  • Le cours est souvent incomplet

Dyscalculie

C’est un trouble de la logique mathématique qui ne permet pas d’accéder correctement au nombre et qui impact la notion d’ordre, de succession d’actions.

La dyscalculie est souvent associée à un autre trouble spécifique dont elle peut être la conséquence (trouble de l’attention, troubles exécutifs, difficultés mnésiques)

Les personnes dyscalculiques peuvent avoir des difficultés :

  • Pour écrire un nombre en dictée (ex 103 432 peut être écrit 100 3000 400 30 2)
  • Comparer les chiffres, estimer les quantités (durées, distances …)
  • Différencier le plus grand du plus petit
  • Comprendre les opérations et les tables
  • Développer une anxiété envers les mathématiques ou se placer en évitement

Tout au long de la scolarité, cela peut se manifester de la façon suivante :

  • Difficulté pour poser une opération, un calcul par écrit
  • Difficulté à effectuer un calcul mental
  • Difficulté à dénombrer, compter sur ses doigts
  • Résoudre les problèmes
  • Suivre des procédures, se doter de stratégies de résolution ou de comptage
  • Difficulté à passer d’un code numérique à un autre

Le retentissement social est important, selon le stade et les rééducations peuvent perdurer à l’âge adulte :

  • Difficulté à rendre, compter sa monnaie
  • Difficulté à faire ses comptes, à gérer son argent

Le diagnostic est réalisé par des orthophonistes spécialisés.

Les signes d’alertes d’un trouble dyscalculique :

  • Difficulté en numération, pour compter de 2 en 2
  • Difficulté dans le système décimal (passage de la dizaine…)
  • Difficulté à composer les nombres, à les écrire, à poser une opération
  • Difficulté de logique à comprendre la notion de quantité, d’ordre, de successions d’actions

Troubles de Déficit de l’Attention avec ou sans Hyper Activités

TDAH

C’est un trouble neurodéveloppemental, avec une apparition pendant plus de 6 mois et avant l’âge de 12 ans, de plusieurs symptômes (ruptures attentionnelles, hyperactivité motrice, impulsivité) entraînant une gêne significative dans au moins deux environnements distincts (scolaire, professionnel, social).

Ce trouble porte sur les fonctions attentionnelles et les fonctions exécutives. Il est souvent associé à d’autres troubles et parfois la conséquence d’une surcharge cognitive. Il s’accompagne parfois d’opposition et d’anxiété.

Il se manifeste par :

  • De l’hyperactivité motrice (agitation motrice non contrôlée et incessante)
  • Grande distractibilité (rêveries, inattention, c’est parfois l’impossibilité de rester centré sur une tâche plus de quelques minutes)
  • Une impulsivité difficile à réguler (action irréfléchie)
  • Les reproches sur ce jeune sont fréquents
  • Ce qui génère des relations familiales et scolaires parfois tendues
  • La vie professionnelle est souvent impactée avec une stabilité professionnelle difficile à mettre en œuvre

Le pré diagnostic se ressent parfois dans les bilans des professionnels (orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotricien) avec les tests de Conners. Parents et enseignants peuvent être des aides au repérage. Les tests neuropsychologiques valident le diagnostic.

L’absence de diagnostic est un facteur aggravant de situations tendant à empirer.
Sans diagnostic, ni prise en charge, le tableau peut se charger d’anxiété, de dépression, de conduites à risque addictives ou le comportementales.
L’accompagnement va donc être déterminant et permettre une évolution.

Cet accompagnement humain (psychologie comportementaliste) peut se doubler de solutions médicamenteuses (en France uniquement à court terme et sur prescription hospitalière initiale). Un des espoirs de la recherche pourrait porter sur le neurofeedback.