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La dyslexie, l'union fait la force!
   
Revue de presse REDOUBLEMENT Comment en tirer le meilleur profit

 

Ce document est extrait du bulletin APEDYS France de  février 2004. C'est un article écrit par Yael ChemJa, rédactrice dans la revue " Ecole et Parents "n° 2 septembre - octobre 2000, à la suite d'une interview avec le docteur Paul Messerschmitt : Psychiatre des hôpitaux de l'unité de psycho-pathologie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Armand Trousseau de Paris, auteur du livre " Ils ne savent pas lire, s'ils étaient dyslexiques ? " (Flohic) et coauteur avec Danièle Legrain de : " L'enfant déprimé " (Fayard).

 

 

REDOUBLEMENT

Comment en tirer le meilleur profit

d'après le Docteur Paul Messerschmitt

 

 

Si, pour la plupart, rentrée rime avec nouveauté, il n'en est hélas pas ainsi pour tous. De fait, pour certains, il va plutôt s'agir au mieux, d'une redécouverte plus approfondie, au pire d'une année bis pas vraiment profitable.

Quel que soit l'avis que l'on peut avoir sur l'opportunité d'un redoublement, en septembre l'heure n'est plus à la polémique mais plutôt à la mise en place de mesures qui le rendront le plus efficace possible.

Aider l'enfant à surmonter son sentiment d'échec, lui permettre de mettre à profit ce recommencement pour approfondir certaines notions... Paul Messerschmitt, psychiatre des hôpitaux et auteurs de nombreux ouvrages sur l'enfance et l'adolescence vous éclaire sur le meilleur moyen de bien aborder cette année de redoublement.



 

 

Retour en arrière :

 

II convient avant tout de faire une mise au point historique de la notion de redoublement ; il n'y a pas si longtemps, il était prôné comme ultime moyen pour l'élève faible de " prendre son temps ", ce qui laissait supposer que tout était affaire de temps , et que le fait de ressasser des notions mal acquises devait conduire à la réussite l'année suivante.

Paul Messerschmitt relate une expérience qui vient infirmer cette théorie : en étudiant le comportement d'un groupe d'enfants de CP. en difficulté scolaire notamment dans la lecture, dont une moitié a eu à refaire une année de C.P., tandis que l'autre a malgré tout accédé à la classe supérieure, on nota qu'à la fin de cette deuxième année, les enfants de CEI, avec un même niveau de départ, avaient atteint un degré de lecture bien supérieur à ceux restés en cours préparatoire.

Face à de tels arguments, l'éducation nationale a révisé le tir: en instituant les cycles scolaires à l'intérieur desquels l'élève ne peut se voir imposer le redoublement, on lui permet (en principe) d'acquérir les notions exigées par le programme sur une plus longue durée(deux ou trois ans en fonction des cycles)

Sans résoudre le fond du problème, ça a au moins l'avantage de permettre à l'élève de souffler au cours de son parcours scolaire sans que soit brandi à la fin de chaque année le spectre du redoublement.

 

Qu'est-ce qu'un " bon redoublement " ?

 

Selon le psychiatre, l'une des principales raisons que l'on doit opposer au redoublement, c'est qu'il n'y a pas de raison que les difficultés ayant conduit à l'échec disparaissent en un an, par exemple les troubles d'apprentissage accompagneront probablement l'enfant toute sa vie, lui faire refaire le même parcours sans apporter d'éléments nouveaux (même structure scolaire, mêmes outils pédagogiques, mêmes programmes...) ne débloquera pas la situation. Ainsi. Paul Messerschmitt suggère que plutôt que de faire double un enfant au regard de ses faiblesses, mieux vaut le faire passer au bénéfice de ses points forts.

N'est-il pas préférable de lui permettre de développer ses compétences (ne serait-ce que dans les matières secondaires), que de lui imposer de progresser et de devenir bon dans des domaines qui ne lui ont jamais réussi î Le faire avancer grâce à ses facilités plutôt que de le bloquer à cause de ses difficultés.

 

Redoubler, c'est perdre son temps, quitter ses copains...

 

Attention de ne pas faire porter à l'enfant l'angoisse des parents : on peut quand même arguer que sur l'ensemble d'un parcours scolaire et plus encore professionnel, un an ne pèse pas lourd !

Il faut bien admettre que pour les élèves, passé le coup de massue qui suit l'annonce de la décision de redoublement, et après un délai bien légitime de doutes et d'angoisses, ils assument finalement bien la situation, et un comportement adapté des parents ne peut que les y aider.

Après tout, cette première expérience est là pour rappeler à tous (petits et grands), que rien n'est jamais acquis ni facile. Ce peut être une bonne occasion de préparer l'enfant aux difficultés qui ne manqueront pas de jalonner sa vie : l'école n'est pas une route toute tracée ou l'on prend un ticket d'entrée à 6 ans et un de sortie à 18, certains écueils la parsèment et le redoublement peut en faire partie. Paul Meesrschmitt introduit ici une notion importante de contrat à passer avec l'élève : à l'école l'élève passe son premier contrat de travail, un redoublement peut être l'occasion de lui insuffler la connaissance des aléas de la réalité.

 

Du bon côté des choses...

 

Si les parents sont eux-mêmes meurtris, vexés et qu'ils n'ont toujours pas accepté la décision, ce sera un poids de plus pour l'enfant à supporter par rapport à l'année passée, ce qui n'est pas le meilleur service à lui rendre !

Les parents aussi vont pouvoir tirer profit de la situation : vont-ils être plus présents ou au contraire lâcher un peu la bride ? L'occasion leur est donnée de s'interroger et d'ajuster leurs comportements.

En fait, un redoublement lorsque l'essentiel du programme dans la plupart des matières n'a pas été acquis est parfaitement légitime. Ce qui est plus sujet à caution reste que trop souvent, la décision se fait, dans l'intérêt de l'enfant, n'en doutons pas, mais sans lui. Notre spécialiste rappelle qu'un enfant (adolescent) à qui l'on a imposé une telle décision peut donner un adulte qui conservera longtemps un sentiment d'injustice, surtout si le redoublement, non compris de lui, ne porte pas ses fruits et qu'il débouche de fait sur une décision d'orientation l'année suivante. Mieux vaut laisser l'élève avancer le plus loin possible jusqu'à ce que lui-même rencontre ses propres limites. On peut compter sur lui pour que lui-même réclame un répit s'il se sent dépassé. Il devient ainsi l'acteur de son avenir et de son orientation au lieu de les subir, impuissant !

 

Le mieux reste de positiver

 

Une année pendant laquelle l'enfant va pouvoir souffler un peu n'est pas un luxe, à condition qu'il " rentabilise " le mieux possible le temps économisé : revoir ses méthodes de travail, établir un meilleur dialogue avec ses parents (voire avec les professeurs), consacrer plus de temps à des activités extra • scolaires... tout en développant la dynamique de travail et de concentration qui a pu faire défaut l'année précédente... c'est possible !

 

Des redoublements tactiques

 

Le redoublement, c'est l'occasion de faire des choix : certains ont pu délibérément choisir de refaire une année pour accéder à une filière qui a été refusée même si par ailleurs ils pouvaient passer dans une autre section. Le redoublement tactique (délibéré) met l'élève devant ses responsabilités, ce qui est toujours intéressant.

Mais attention, ceci implique une spéculation sur l'avenir : la nouvelle année peut ne pas être meilleure que la précédente (causes profondes de l'échec non élucidées), et quant bien même les résultats seraient meilleurs, comment être sûr que ce n'est pas juste dû à l'effet de répétition et que la suite du cursus sera aussi bonne ?


Qu'il soit imposé par le corps enseignant ou souhaité par l'élève et la famille, un redoublement spécule de toute façon sur l'avenir, c'est sans doute en cela que le bât blesse...

Paul Messerschmitt aura le mot de la fin : puisqu'au fond, rien ne va jamais de soi dans la vie, pourquoi ne pas accepter ridée d'une renégociation des objectifs atteints et à atteindre en fin d'année, pourvu que tous les partenaires concernés y participent ce qui implique avant toute chose l'élève lui-même, définissant ainsi une situation idéale dans laquelle un contrat serait passé entre école et élève : on ne fait pas barrage à ta progression scolaire, c'est la part du contrat de l'école, tu t'engages à atteindre les objectifs que l'on a défini ensemble, c'est la part de contrat de l'élève.

Dans ce cadre là, l'idée d'un redoublement comme conséquence logique d'un manquement à l'engagement de l'élève sera mieux acceptée de tous.

 

 

A faire - A ne pas faire ...

 

Les cours de soutien peuvent s'avérer être une aide précieuse (lacunes accumulées au cours des ans, problème relationnel avec un professeur, besoin de cours de méthodologie".) cependant, il faut prendre garde de ne pas asphyxier les enfants avec des cours qui induisent un surplus d'heures de travail. C'est particulièrement le cas si les causes de l'échec n'étaient pas d'ordre purement scolaire.


Par exemple chez un enfant dyslexique, des cours particuliers ne seront pas indiqués, au contraire ils ne pourront qu'enfoncer l'enfant dans un sentiment d'échec puisque les résultats ne pourront pas suivre en dépit des efforts fournis : mieux vaut dans ce cas une visite auprès d'un spécialiste.


Si un facteur extérieur à l'école est venu perturber la scolarité de l'enfant (divorce, maladie...), n'hésitez pas à faire appel à une aide extérieure (médecin, psychologue, voire membre de l'équipe enseignante) ...

 

Si l'année scolaire s'est particulièrement mal passée d'un point de vue relationnel avec l'instituteur ou l'un des professeurs, vous devriez obtenir de l'établissement que l'enfant ne le retrouve pas l'année suivante (bien sûr dans la mesure où c'est matériellement possible). De même, si l'échange a été favorable, vous pouvez demander un maintien avec l'enseignant concerné.




Posté le Lundi 13 décembre 2004 @ 15:45:19 par adminv

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