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Document divers LES ENFANTS EN PANNE DE GRAMMAIRE

 

 

 

 

À la rentrée, François Fillon a annoncé une circulaire "remettant fortement au goût du jour les exercices traditionnels qui ont fait la preuve de leur efficacité ".

 

 

Dictées, lectures et récitations devraient être proposées au collège de manière plus visible et plus régulièrement.

Bien sûr, les réactions ne se sont pas fait attendre dans le milieu enseignant. C'est ainsi que les voix de différents professeurs se sont élevées pour affirmer que la dictée n'avait jamais été abandonnée puisqu'elle constituait une épreuve du brevet. Pourtant, tous ne tiennent pas le même discours…



 

 

 

Des lacunes en français

 

Ce sont les enseignants de langues qui se plaignent le plus du manque de maîtrise du français. Les professeurs d'allemand mais aussi d'anglais regrettent de ne pas pouvoir se référer aux connaissances de la grammaire française pour expliquer à leurs élèves celle de leur idiome. En sixième, ils s'associent d'ailleurs avec leurs collègues de français pour que les jeunes acquièrent quelques bases solides sur lesquelles s'appuyer. De plus, ils sont forcés d'ouvrir de longues parenthèses pour réexpliquer les règles françaises, ce qui retarde leur propre travail.

 

Doit-on faire étudier à nos enfants l'allemand et le latin afin de leur inculquer le français ? On commence à se poser la question ! Ce n'est pas que les enfants n'aient jamais entendu parler de grammaire. Ils l'ont étudiée au long du primaire. Néanmoins, toutes les règles n'ont pas été mémorisées. À défaut de les avoir apprises par cœur, de les avoir pratiquées autrement que par de petits exercices d'application lors de la leçon, ils les oublient vite. Depuis des années cependant, nos ministres successifs rappellent régulièrement que le français en primaire doit devenir une priorité. Nouveaux programmes, nouvelles directives… rien n'a l'air de bouger, si on en juge le niveau des entrants au collège. Sylvie, professeur de français est atterrée : " Dans ma classe de 6e, seuls trois élèves maîtrisent à peu près la grammaire française. Les autres ne savent pas différencier un complément d'objet direct d'un complément d'objet indirect. Je suis obligée de refaire des cours sur le pluriel des mots car 90% des élèves ne mettent pas de s au pluriel. Je ne vous parle même pas des pluriels complexes ou des exceptions. Tout est à recommencer!".

 

Or, les notions simples de grammaire, orthographe et conjugaison, y compris le pluriel, sont abordées dès le CP et revues puis approfondies quasiment tous les ans. Toute la question reste donc de savoir pourquoi il n'y a pas eu de vraie mémorisation. Les hypothèses abondent: manque de pratique, pas assez d'exigences de la part des enseignants, méthodes non efficaces… C'est tout de même bien en primaire que les bases du langage se mettent en place et se retiennent pour toute la vie. Si chaque année il faut reprendre à zéro tous les apprentissages, les adultes de demain ont certes peu de chances de connaître le français !

 

Évidemment, les méthodes actuelles sont tout à fait différentes de celles utilisées par le passé. Sur certains points, ce n'est pas un mal. Les châtiments corporels ont heureusement disparu – les cas d'instituteurs cassant les règles en bois sur les doigts ou le dos des élèves n'étaient pas rares dans les années 70 – car on ne peut pas apprendre dans un tel climat de tension. D'autant que maintenant les enfants apparaissent beaucoup plus performants à l'oral, plus épanouis… Malheureusement, les apprentissages deviennent plus ludiques, plus diversifiés, n'incitant pas à mémoriser. Le principe qui vise à donner aux élèves les moyens d'apprendre et de réfléchir par eux-mêmes pour comprendre les règles ne leur permet apparemment pas de bien les retenir.

 

L'apprentissage de l'orthographe

 

L'orthographe et sa mémorisation demandent un apprentissage long et surtout de l'entraînement. Il faut par conséquent lire, écrire, apprendre par cœur… ce que les enfants font peu. De toute façon, ils pensent que du moment qu'on comprend ce qu'ils écrivent, peu importe comment, cela suffit. D'où une orthographe qui ressemble plus à de la phonétique qu'à du français. À l'image de celle d'Antoine qui, sur sa liste de matériel pour la rentrée de 6e, a écrit: " 2 caillier " – comprenez 2 cahiers…

 

 

Pourquoi un jeune ne mémorise-t-il pas les mots qu'il est pourtant amené à voir régulièrement ? Faute de les avoir écrits ? Par manque de concentration? Parce qu'il ne juge pas l'orthographe essentielle? À cause de l'école qui relâche la pression sur l'orthographe ? Parce que cela demande du temps que les enseignants n'ont plus ? L'exercice d'écriture est en effet contraignant : on ne peut pas rédiger sans faute si l'on ne se pose pas des questions à chaque phrase. L'orthographe exacte d'un mot, l'accord, le sens des propositions… tout compte. Il faut plonger dans sa mémoire (et mieux, dans un dictionnaire) pour se rappeler si tel mot prend 2 "r", si tel autre se termine par "ssion" ou "tion", si un verbe reste à l'infinitif. On ne tire pas à pile ou face! Et à force d'expérience, on se sent plus à l'aise car l'orthographe est mieux comprise. Mais tant que les mots ne sont pas connus, il faut travailler! Se concentrer demeure indispensable. En outre, suivant l'exercice, l'investissement n'est pas le même. Avec la rédaction en classe, ce sont les idées et la mise en forme qui priment. La récitation quant à elle demande un effort de mémorisation. En dictée, c'est l'orthographe et la grammaire qui sont importantes. S'ils ne pratiquent pas tous ces exercices très régulièrement et de façon suffisamment intensive, les élèves passent à côté de l'apprentissage de l’écrit. Les enfants ont beaucoup de mal à maîtriser la langue française et les professeurs s’en désolent. Les parents se disent souvent que ce sont pourtant ces derniers les mieux placés pour y remédier. Toutefois, ils n'ont pas les coudées franches : ils ont des programmes et surtout des méthodes d'enseignement qui sont imposés. Tout débute à l'IUFM et par la suite ils sont forcés de respecter les consignes s'ils ne veulent pas voir leur notation administrative chuter. C'est donc toute l'institution qu'il convient de bouleverser pour que l'apprentissage de la langue écrite redevienne une priorité. Et il n'est pas sûr qu'un seul ministre puisse y parvenir !

 

 

 

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Posté le Vendredi 06 janvier 2006 @ 11:54:14 par adminv

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