APEDYS
   
La dyslexie, l'union fait la force!
   
Document divers ANAPEDYS demande le respect des droits fondamentaux pour les personnes dyslexiques



Lors de leur dernière assemblée générale qui s’est tenue à Paris les 4 et 5 février 2012, une soixantaine de représentants associatifs Anapedys, venus de nombreux départements, ont dressé un tableau plutôt affligeant concernant le respect des droits des 10 % de personnes dyslexiques vivant en France.

 

ANAPEDYS réclame conformément à la Déclaration Universelle des droits de l’homme :

 



I – Le droit à l’instruction et l’accès à la vie culturelle et sociale

Article 27

1.    Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.


Les personnes dyslexiques n’ont pas accès librement à la lecture des manuels scolaires et des autres livres et journaux en version numérique. Ce progrès scientifique indispensable leur est trop souvent refusé.


Ils n’ont que très difficilement accès aux logiciels de lecture et d’écriture, accordés trop rarement par les MDPH au terme d’un parcours long et compliqué. De même, la possibilité d’apprendre à s’en servir en classe n’est pas développée. Le droit de les utiliser aux examens et dans leur vie professionnelle et sociale est sans cesse remis en question et relève souvent d’un nouveau parcours du combattant.  Leur liberté de s’instruire, d’accéder à la vie culturelle et sociale est, de ce fait,  bafouée.

 

II - Le droit à l’égalité

Article 26

1.  Toute personne a droit à l'éducation. (…) l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales

3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.


L’enseignement continue trop souvent d’ignorer leur façon d’apprendre et de restituer les connaissances. Il doit leur permettre de le faire sans passer obligatoirement par l’écrit : enregistrements, restitution orale, cartes heuristiques, dessins, tableaux…


L’accès aux études supérieures en France pour les dyslexiques passe par la création d’un BAC réellement général, moins spécialisé en langues ou matières scientifiques que ceux existant actuellement.


Les enfants et adolescents dyslexiques sont regroupés dans des C.l.i.s 1 (classes spécialisées au primaire) ou U.l.i.s 1 (classes spécialisées au secondaire) pour élèves déficients mentaux ou ayant des troubles du comportement. Les dyslexiques ne sont pas déficients mentaux et ne présentent pas de trouble du comportement s’ils sont pris en charge correctement. Ils doivent pouvoir suivre un cursus dans les mêmes classes que leurs camarades, afin d’accéder à des diplômes comparables aux autres élèves. Ces C.l.i.s et U.l.i.s n’ont de raison d’exister que du fait de l’absence de formation des enseignants pour adapter leur pédagogie à 10%, voire à 30% de la population qui ne passe pas par l’écrit pour apprendre, et de par l’inadaptation des examens à ce type d’apprentissage. Les Clis  conduisent trop souvent vers des SEGPA et les Ulis dirigent uniquement vers la voie professionnelle (CAP, BEP), privant ainsi ces enfants d’un accès aux études supérieures en toute égalité de chances.

 

III - Le droit à des soins adaptés

Article 25

1.    Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ;


Une personne dyslexique aura beaucoup de mal à trouver un médecin traitant capable de diagnostiquer son trouble et de le diriger vers des professionnels formés à la prise en charge spécifique indispensable pour une meilleure efficacité.

Dans de nombreux départements, le remboursement de certains soins et bilans n’est pas pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles, notamment :

- l’ergothérapie (nécessaire à l’apprentissage de l’ordinateur et à l’utilisation des logiciels adaptés),

- la psychomotricité,

- les soins de psychologie cognitive,

- les soins en neuropsychologie,

- les frais de bilans QI,

- etc.

L’accès à des soins adaptés et remboursés n’est – de fait - possible que pour de rares privilégiés.


Enfin, la prise en charge psychanalytique de première intention, inadaptée aux personnes dyslexiques doit cesser de toute urgence en France.

 

IV- Le droit d’exister tels qu’ils sont

Article 6 : Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.


Les dyslexiques doivent avoir le droit d’évoluer dans la société sans avoir peur que leurs droits ne soient plus respectés l’année suivante.


Aujourd’hui, ils doivent sans cesse prouver qu’ils sont bien dyslexiques et qu’ils existent en tant que tels, même après 10 années passées à se rééduquer avec des séquelles résiduelles au niveau de la lecture et de l’écriture, même après plusieurs années d’adaptations plus ou moins réussies de leur enseignement à travers divers projets personnalisés, même après avoir dépassé l’âge des tests proposés pour prouver leur trouble. Demande-t-on à un myope de prouver à chaque examen ou à chaque demande d’emploi s’il a besoin de ses lunettes ?


Les dyslexiques en ont assez de passer des tests à répétition, inutiles et coûteux pour la société. Ils naissent dyslexiques, ils restent dyslexiques toute leur vie.


Un Pass juridiquement reconnu doit leur être accordé en fin de rééducation pour utiliser les aménagements dont ils ont besoin tout au long de leur vie. C’est au dyslexique lui-même de décider quand modifier son Pass en fonction de ses besoins, tout comme une personne portant des lunettes a le droit de décider quand faire changer sa prescription.

 

V - Le droit à la dignité

Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 24 : Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.


Les personnes dyslexiques demandent le droit de vivre à l’école, dans l’enseignement supérieur, dans l’emploi, dans la société, avec leurs particularités, sans souffrance perpétuelle, sans heures supplémentaires de travail, sans privations de loisirs, sans humiliations et dans le respect de leur dignité. Ils demandent qu’on arrête de les forcer à fonctionner comme s’ils n’étaient pas dyslexiques. Ils demandent de ne plus avoir à travailler plus que les autres pour fonctionner autrement. Ils demandent le droit de pouvoir s’exprimer librement avec leurs capacités particulières dont la société a également besoin pour progresser.

 

Article 23

1.    Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.


Les personnes dyslexiques demandent le droit d’être reconnues dans leurs différences et de ne plus être stigmatisées sur le lieu de travail.


Toute une partie de la population souffre quotidiennement de non reconnaissance, de maltraitance et de discrimination en France. 12 ans après le plan Ringard, qui a constaté cet état de fait et après une avancée certaine pendant quelques années, le recul du respect des droits des personnes dyslexiques est criant. Cela doit cesser de toute urgence !

LES ADULTES ET ENFANT DYS VEULENT ETRE ENTENDUS ET ENTAMERONT TOUTES LES ACTIONS NECESSAIRES POUR UNE RECONNAISSANCE LEGITIME DE LEURS DIFFICULTES AU QUOTIDIEN.


Contacts Presse

06 51 73 43 73

01 30 47 27 74

 

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Posté le Dimanche 04 mars 2012 @ 21:56:19 par apedys

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