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La dyslexie, l'union fait la force!
   
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AuteurBILAN DE LA RECHERCHE SUR LES RELATION PROPRIOCEPTION-DYSLEXIE
DYSPROPRIOCEPTION
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DYSPROPRIOCEPTION
  Posté : 22-10-2007 20:38

DYSLEXIE ET PROPRIOCEPTION : Le point sur la recherche (septembre 2007)

Docteur P. Quercia
Lauréat de la Faculté
Ancien interne des Hôpitaux
Ex- Assistant des Hôpitaux Universitaires de Nancy
Chef de Clinique à la Faculté
Ex Research Fellow au Scheie Eye institute- Université de Philadelphie
Praticien attaché au CHU de Dijon
Diplômé en Ophtalmo-Pédiatrie -Université Paris VII


J'avais décidé jusqu'à la semaine dernière de ne pas communiquer sur ce sujet autrement qu'au travers de la presse scientifique et des congrès. En effet, si internet représente un formidable outil de diffusion d'informations, il représente aussi une zone de non-contrôle où n'importe quoi peut être dit. Seules certaines validations (exemple: la reconnaissance par une "non profit organization" comme HON - Health On the net- permettent d'avoir une certaine sécurité sur les informations diffusées (cet agrément, que je connais bien pour m'être soumis à ses règles pour mon propre site, est très contraignant). En raison de la pression exercée par certains patients, inquiets et déstabilisés (on le serait à moins) par ce qu'ils peuvent lire sur internet mais aussi parce que l'on assiste actuellement à une véritable offensive organisée contre la rééducation proprioceptive chez les dyslexiques, j'ai changé d'avis. Je suis aujourd'hui fonciérement ulcéré par les essais de "diabolisation" de ce traitement qui, pourtant, ne remet absolument en cause aucune des données scientifiques actuellement reconnues chez le dyslexique, notamment au niveau neuro-psychologique. Je ne peux continuer à laisser circuler une information disant par exemple que le traitement peut représenter un danger parce que 3 enfants du groupe traité ont aggravé leur score de lecture alors que dans le même temps TOUS LES ENFANTS (sauf1) ont aggravé leur retard dans le groupe placebo. Et alors même que parmi ces 2 enfants on sait que l'un avait changé son typage de déficience proprioceptive (et avait donc un traitement inadapté après quelques mois) et qu'un autre avait un problème technique sur ses prismes.Je ne peux non plus laisser dire qu'il y a un doute sur les résultats du test de lexicométrie (test de l'Alouette) quand, si l'on considère l'évolution en années de lecture, elle s'est améliorée chez 7% des enfants non traités et de 62% chez les enfants traités.

La théorie proprioceptive est pourtant une théorie fédératrice et qui ne lèse personne en dehors de l'ego de certains, mais pour le comprendre, encore faut-il faire l'effort de s'informer.

Qu'il soit bien clair ici que mon intervention n' a aucune arrière pensée publicitaire pour mon cabinet dont l'activité me laisse déja peu de temps de libre. Mon seul souci, vous l'aurez compris, est de répondre à des commentaires malveillants faits sur certains sites (dont certains sont pourtant financés par des deniers publics).

Le souci de ne pas soumettre son enfant dyslexique à un traitement inutile est un souci plus que légitime. Une information sur les résultats connus du traitement ne peut donc se présenter sous la forme d’un survol. C’est pourquoi ce qui suit pourra sembler ardu à certains. Je m'en excuse auprès d'eux. J'ai essayé d'être le plus clair possible

Mais avant d'aller plus loin, il me semble nécessaire de faire quelques rappels qui permettent de situer la réalité à laquelle se trouve confrontés actuellement les enfants dyslexiques :

- Le rapport de l’INSERM (page 606) de 2007 conclut l’analyse des traitements actuellement proposés aux dyslexiques en disant que « la plus grande prudence est requise vis-à-vis de tous les traitements préconisés pour la dyslexie et les troubles des apprentissages, la plupart n’ayant pas été évalués scientifiquement, ou ayant été évalués mais donnant des résultats peu différents d’un placebo. Même les méthodes orthophoniques classiques souffrent d’une absence regrettable d’évaluation scientifique. Seules quelques unes d’entre elles (fondées sur la rééducation des capacités phonologiques et de la lecture) ont été formalisés, structurées et évaluées aux Etats-Unis et ont ainsi pu être validées scientifiquement. Outre ces quelques méthodes de type orthophonique qui n’ont pas d’équivalent direct français, quelques autres méthodes se focalisant sur des symptômes associés à la dyslexie (visuels ou moteurs) ont été également validées scientifiquement, par des études souvent isolées qui demanderaient à être répliquées. Il semble qu’il faille en attendre surtout des effets positifs sur les symptômes qui sont la cible du traitement, et seulement de manière indirecte éventuellement sur la lecture. Dans tous les cas, aucune de ces méthodes ne peut être préconisée pour tous les enfants dyslexiques, mais seulement pour ceux qui présentent clairement les symptômes visés ».

- cette conclusion rejoint globalement celle proposée quelques années plus tôt par la Haute Autorité de Santé, organisme chargé en France d’évaluer l’efficacité des thérapeutiques proposées aux patients. Cet organisme conclut après analyse des traitements proposés actuellement dans la littérature mondiale, que les résultats des traitements actuels sont le reflet « le plus souvent soit d’opinions d’auteurs, soit de petites séries de cas, soit de suivi de cohortes ne permettant pas d’identifier de preuves scientifiques ».

- une étude récente des publications scientifiques (Bakker. Treatment of developmental dyslexia: a review. Pediatr Rehabil. 2006;951):3-13) ).analysant les études faites depuis 30 ans sur la dyslexie et publiées sur la base de données internationales Medline (publications validées par un comité de lecture indépendant) montrent que plus de 3800 publications ont été faites sur des essais tentant de comprendre POURQUOI un sujet est dyslexique. Dans le même temps (30 ans) mois de 15 études proposent une évaluation de traitement disant COMMENT on peut aider un dyslexique. Dans ce dernier groupe,si on se réfère à la recherche scientifique française, pourtant bien active dans le domaine de la dyslexie, le nombre d'études réalisées en comparant un groupe placebo à un groupe traité se compte sur les 2 doigts d'une main. Notre publication est l'une d'elle.

Ainsi, aucun des traitements proposés à ce jour aux dyslexiques n’a montré les preuves scientifiques de son efficacité. Malgré une grande richesse théorique, force est de constater que les dyslexiques sont face à une pauvreté de réelles propositions thérapeutiques.

- ma position vis-à-vis du traitement proprioceptif s’inscrit complètement dans la philosophie des conclusions proposées par les deux organismes experts que représentent l'INSERM et la Haute Autorité de Santé: le traitement proprioceptif m’apparaît comme un immense espoir et mon expérience sur plus de 3000 cas me rend très optimiste pour l’avenir, mais il ne sera admis comme tel que lorsqu’il aura scientifiquement fait ses preuves. Si certains éléments développés ci-dessous représentent un début de preuve, ce traitement nouveau doit encore être considéré comme un traitement en phase exploratoire et nécessairement imparfait. C'est bien comme cela que je le présente à mes patients et à mes collègues dans les congrès. Une telle attitude n'a rien à voir avec une tentative d'exploitation financière de la détresse des dyslexiques et la très grande majorité de mes collègues travaille dans cet état d'esprit. Mon ambition est d’utiliser le meilleur des connaissances actuelles pour aider au mieux les dyslexiques qui s’astreindront à bien faire ce traitement. Il n’est pas de proposer un miracle ou une solution toute faite et sans effort.

- il est certain que le traitement orthophonique améliore les facultés des dyslexiques, notamment en les aidant à contourner leurs difficultés et en leur apprenant des stratégies particulières. Il suffit parfois, et nombres de dyslexiques sont là pour en témoigner. On constate aussi qu’il est ou qu’il devient inopérant chez certains enfants. Le traitement proprioceptif n’agit pas au même niveau que l’orthophonie et il n’y a aucune incompatibilité entre les deux. Même lorsqu’il fonctionne bien, l’expérience montre que l’orthophonie reste un atout supplémentaire pour aider l’enfant à combler les retards cognitifs qui ont pu s’accumuler.

- la dyslexie est rarement isolée et s’accompagne en règle d’autres dysfonctions (de type dyspraxiques, dysgraphiques, …). Même si nous observons de près ce qui se passe pour ces dysfonctions quand nous avons mis en place un traitement, l'ambition actuelle du traitement proprioceptif au jour d'aujourd'hui n’est pas de résoudre tous ces problèmes mais bien d’agir sur la lecture en en améliorant la vitesse, la compréhension, et la mémorisation. C’est sur ces critères que l’on doit juger l’efficacité du traitement et ne pas lui demander plus que ce qu’il peut fournir. C’est déjà énorme et de nature à changer la vie du dyslexique. Bien sûr nous observons que la "pseudo-hyperactivité "si souvent présente chez le dyslexique à côté de ses troubles de concentration s'améliore aussi bien souvent. Mais à ce jour, aucune étude scientifique ne l'a encore exploré et ceux qui racontent que c'est par ce biais que le traitement serait actif, racontent n'importe quoi car, encore une fois, aucune étude n'a été entreprise dans ce domaine.

- la régulation posturale faisant appel à une subtile intégration d’informations sensorielles différentes, il parait logique de trouver une corrélation entre proprioception et toute pathologie nécessitant un processus similaire. C’est le cas pour la lecture et la relation statistique très forte, facilement constatée par le clinicien, qui lie dyslexie et anomalie proprioceptive pourrait ainsi n’être qu’une association sans pour autant qu’il existe un lien de causalité.Il faut encore beaucoup travailler pour s'assurer que la relation n'est pas un hasard. On s'y emploie.

Cette hypothèse parfaitement plausible ne peut être levée partiellement qu’en étudiant scientifiquement (impartialement) l’effet du traitement proprioceptif sur les signes cognitifs de la dyslexie. Il s’agit d’une tâche ardue, entreprise en 2002 mais qui va encore demander beaucoup de temps en raison notamment de l’extrême polymorphisme des dyslexiques et de l’importance des moyens humains et financiers nécessaires. Elle demande la formation d’équipes solides, rompues aux tensions si fréquentes dans le monde médical, capables de résister aux pressions extérieures, et très motivées pour affronter sans faillir l’hostilité que déclenche tout nouveau concept.

A ce jour, nous avons réalisé trois études scientifiques qui permettent d’avoir une idée sur l’intérêt du traitement proprioceptif dans la dyslexie de développement. Peu de personnes ont accès à l'intégralité des publications en raison du coût élevé des tirés à part, coût imposé par les éditeurs (30USD en moyenne). Vous trouverez ci-dessous un résumé détaillé et précis de ces publications.

Une quatrième étude concernant les troubles de localisation spatiale chez le dyslexique (qu'il soit de type visuo-lexical ou phonologique ou encore de type mixte) vient d'être réalisée. Elle donne un argument complèmentaire très fort pour un rôle perturbateur de la proprioception chez le dyslexique. Elle n'est pas détaillée ici pour des raisons d'exclusivité et sera présentée au congrès de Porto dans une semaine.


ANALYSE STABILOMETRIQUE CHEZ LE DYSLEXIQUE
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Cette étude a consisté à comparer les performances sur une plate-forme de posture d’un groupe d’enfants dyslexiques et d’enfants non dyslexiques. La plate-forme de posture permet d’enregistrer certains paramètres relatifs à l’équilibre d’un sujet. C’est à ce jour le seul reflet « mathématiquement fiable » de l’activité posturale d’un individu. L’idée qui a suscité cette étude était simple : « la proprioception jouant un rôle clé dans la régulation posturale, si l’hypothèse d’un dysfonctionnement proprioceptif chez le dyslexique a un fondement scientifique, alors l’activité posturale des dyslexiques doit être différente de celle des normo-lecteurs ». L’étude a été faite en collaboration avec le laboratoire Motricité-Plasticité de l’INSERM de l’Université de Bourgogne. Sa réalisation a respecté la déclaration d’Helsinki qui protège les personnes participant à un protocole expérimental. Elle a été publiée dans la revue scientifique américaine Neurosciences Letters en 2006 (Neurosci Lett. 2006 Aug 7;403 (3):211-5) sous le titre :

Static postural control in children with developmental dyslexia.
Pozzo T (1), Vernet P (1), Creuzot-Garcher C (2), Robichon F(3), Bron A (2), Quercia P (2)


(1) INSERM-ERM 207 Motricity Plasticity, University of Burgundy, Dijon, France
(2) Department of Ohthalmology, University of Burgundy, Dijon, France
(3) Department of Psychology, University of Burgundy, Dijon, France

La publication originale est disponible sur le site de l’éditeur (Elsevier). Ici n’est présenté que le résumé. Le groupe d’enfants dyslexiques était formé de 50 enfants (âge moyen de 11,5+/- 1,8 ans) et le groupe de normo-lecteurs comprenait 40 enfants (âge moyen de 12,4 +/- 1,7 ans). Les deux groupes ont été identifiés par un bilan neuro-psychologique complet.

Nous avons effectué les enregistrements posturaux pendant 25,6 secondes, soit la moitié du temps habituel car il est apparu très rapidement que la durée standardisée pour l’adulte (51,2 secondes) était difficile à supporter pour le groupe des enfants dyslexiques. Les enregistrements ont été effectués sur plate-forme 40 Hertz de TechnoConcept France, avec les yeux ouverts puis fermés, en appui bipodal normalisé (ouverts de 30° vers l’avant), puis en appui unipodal droit et gauche. En monopodal, pour les mêmes raisons, les enregistrements ont été faits pendant 12,8 secondes.

L’étude des paramètres principaux (la longueur du statokinésigramme, déplacements du centre de pression sur l’axe latéral et antéro-postérieur, moyenne pondérée du spectre de fréquences calculée sur l’axe latéral et l’axe antéro-postérieur) montre qu’il existe bien une altération des performances posturales chez les enfants dyslexiques. Dans cette série comprenant 50 enfants, on constate qu’il n’y a pas d’homogénéité dans les anomalies retrouvées, mais il y a toujours au moins un paramètre déviant. Ces résultats dépassent ceux donnés par d’autres investigations [Moe-Nilssen, Wimmer, Stoodley] qui montrent des anomalies de l’équilibre et de la posture chez plus de 50% des dyslexiques mais pas chez tous. Il est possible que cette différence soit liée au fait que nous avons utilisé des critères plus sensibles et mieux adaptés à l’étude des troubles posturaux [Moe-Nissen a utilisé l’accélérométrie, et Stoodley s’est servi de techniques de capture du mouvement]. Deux études ont utilisé des plate-formes de posture. Poblano n’a pas trouvé de différence significative entre les groupes de dyslexiques et de non-dyslexiques mais en utilisant essentiellement le X-moyen comme critère différentiel. Ramus a proposé une conclusion similaire à celle de Poblano en testant une population de dyslexiques ayant atteint le niveau universitaire, ce qui n’est peut-être pas représentatif de la population générale des dyslexiques. Il s’agissait aussi d’adultes dont la maturité proprioceptive n’est pas comparable à celle d’enfants dont l’âge moyen est de 11,5 ans. Quoi qu’il en soit, nos résultats obtenus avec un effectif important, sont difficilement comparables aux études antérieures qui se sont surtout intéressées aux réactions posturales des dyslexiques lors de perturbations inattendues de l’équilibre, introduisant ainsi un facteur dynamique que nous n’avons pas testé.

Dans les deux groupes on retrouve une altération de la stabilité avec les yeux fermés, ce qui est classique chez le sujet sain [Ferdjallah], mais elle est nettement plus marquée en appui unipodal pour les dyslexiques. Ceci pourrait traduire le fait que les dyslexiques deviennent plus dépendants des informations visuelles dès que les contraintes d’équilibre augmentent.

Outre le fait qu’elle nous a permis d’avoir un recueil des constantes stabilométriques chez l’enfant non dyslexique qui pourra servir pour d’autres travaux, cette étude semble bien confirmer qu’il existe une différence posturale entre dyslexiques et normo-lecteurs. Il sera intéressant de voir dans l’avenir si le traitement proprioceptif peut permettre à un groupe traité de retrouver les paramètres posturaux d’un groupe non-dyslexique et si cette éventualité évolue parallèlement aux performances cognitives.


L’ETUDE « DYSPATHIE »
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Débutée en janvier 2003 et finie en juillet 2005, l’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact des modifications proprioceptives induites par un traitement postural sur les troubles cognitifs d’une population d’enfants souffrant de dyslexie de développement. Le but est donc de tenter de répondre à 2 questions :
- le traitement proprioceptif diminue t-il l’incidence des signes cliniques de déficience posturale dans cette population particulière de dyslexiques?
- le traitement a-t-il un effet sur les troubles cognitifs liés à la dyslexie ?

Cette étude a été possible grâce au soutien du groupe Essilor (Société Essilor International, Département de Recherches & Développement), de l’association Graine de Lecteur et d’un Programme Hospitalier de Recherches Cliniques 2003-2006 financé par le Ministère de la Santé. Elle a eu lieu au sein du service d’ophtalmologie du CHU de Dijon dirigé par les Professeurs Creuzot-Garcher et Bron et a été publiée en avril 2007 dans le Journal français d’Ophtalmologie (JFO 2007 ; 30, 4, 380-89) sous le titre :

Etude de l’impact du contrôle postural associé au port de verres prismatiques dans la réduction des troubles cognitifs chez le dyslexique de développement
Patrick Quercia (1), Alix Seigneuric (2), Stéphanie Chariot (3), Alain Bron (1), Catherine Creuzot-Garcher (1) et Fabrice Robichon (3)


(1) Service d’Ophtalmologie, CHU de Dijon, 3 rue du Faubourg Raines, 21000 Dijon
(2) Psychologie différentielle, Laboratoire SPMS/ISOS EA 3985, Université de Bourgogne,
(3) Neurosciences et Neuropsychologie, Laboratoire SPMS/ISOS EA 3985, Université de Bourgogne.

Initiée à l’heure de l’internet, elle a été l’objet avant même sa publication de nombreux commentaires où la passion laissait peu de place à la raison. Ces débats étaient suscités entre autres par l’intérêt des parents pour ce nouvel abord de la dyslexie que représente le traitement proprioceptif, et aussi par des réactions d’étonnement voire d’hostilité franche. Il est important de noter que les résultats présentés ici sont le reflet du texte publié, ce texte ayant été validé auparavant par tous les auteurs, chacun ayant eu largement le temps de se retirer en cas de désaccord (texte reçu par le comité de lecture le 27 juin 2006 et accepté le 9 janvier 2007). Tout ce qui a pu être dit par ailleurs, notamment sur internet, n’engage que leur auteur et certainement pas l’ensemble de l’équipe qui a fait collectivement (avec l’ensemble des auteurs de l’étude) l’interprétation des résultats, en toute impartialité et avec le souci permanent de rester dégagé de toute influence extérieure. Le texte original ne peut être reproduit ici en raison des contraintes mises en place par les éditeurs médicaux. Il est disponible (moyennant paiement à l’éditeur) sur le site www.masson.fr.

Etude prospective, comparative et interventionnelle chez des enfants porteurs d’une dyslexie de développement, le protocole expérimental a été réalisé en accord avec la déclaration d’Helsinki et s’est inscrit dans le cadre de la Loi Huriet-Sérusclat concernant les recherches biomédicales sur la personne humaine. Il a reçu l’autorisation du Comité Consultatif pour la Protection des Personnes se prêtant à la Recherche Biomédicale de Bourgogne.

Matériel et méthode :

Il a été constitué un groupe bénéficiant à son insu du traitement postural (groupe traité) et un groupe non traité (groupe témoin). Le groupe traité a eu comme traitement des prismes posturaux, des semelles « de posture » et une rééducation posturale. Le groupe témoin a porté des lunettes sans prisme uniquement. Tous les participants ont été évalués lors de leur inclusion dans l’étude (M0) et six mois plus tard (M6). Un examen médical général a permis d’éliminer une pathologie intercurrente.

L’examen clinique à la recherche de troubles proprioceptifs a été réalisé à la lumière des connaissances de 2002, en 7 étapes qui ont suivi un examen ophtalmologique classique.

Un bilan neuropsychologique a été effectué à MO. Il concernait les processus visuo-lexicaux et les processus phonologiques et métaphonologiques, déficitaires à des degrés divers dans la dyslexie de développement.

L’âge de lecture a été évalué à partir du test de l’Alouette de Lefavrais. Une épreuve de lecture de 48 mots isolés réguliers et irréguliers, une épreuve de reconnaissance visuelle de mots (mots à reconnaître parmi des distracteurs morphologiques, phonologiques et sémantiques), une épreuve informatisée de décision orthographique, une épreuve informatisée de complétion graphémique, une épreuve informatisée de détection d’anagrammes et une épreuve informatisée de détection d’identité lexicale ou pseudolexicale ont permis d’apprécier la qualité des fonctions visuo-lexicales. Une dictée de mots isolés, réguliers et irréguliers a également complété cette partie des tests. Les aptitudes phonologiques et métaphonologiques ont été évaluées grâce à l’utilisation d’une tâche de lecture et de dictée de logatomes, d’une tâche de jugement de rimes, d’une épreuve de soustraction phonologique, d’une épreuve de soustraction syllabique, d’une épreuve de catégorisation phonologique et d’une tâche de constitution d’acronymes oraux.

La plupart des tests neuropsychologiques utilisés avaient été créés spécifiquement pour le protocole, la fréquence d’apparition des mots dans la langue française, du nombre de phonèmes, du nombre de syllabes, du nombre de lettres, du degré de régularité dans la langue et de terminaison phonémique étant contrôlées à partir des bases de données NOVLEX (Lambert & Chesnet, 2001), développées à l’Université de Poitiers. Les enfants des deux groupes ont été examinés à M6 avec des épreuves identiques dans le principe, mais utilisant des formes parallèles de chaque épreuve pour éviter les éventuels effets parasites liés à une mémorisation toujours possible. Seul le test de l’Alouette était identique.

Le groupe traité a reçu :
- un port permanent de prismes posturaux adaptés au type clinique diagnostiqué,
- des semelles identiques pour les enfants, contenant 2 plaques polarisées, ayant une découpe asymétrique, situées sous l’arche plantaire et réfléchissant les radiations infra-rouges dégagées par la chaleur naturelle du pied. Ces semelles, utilisées par Alves da Silva à Lisbonne, agissent essentiellement en modifiant la fonction du gros orteil lors de la marche.
- des consignes pour maintenir les postures adaptées. Les exercices ont fait l’objet d’une démonstration après auto-apprentissage avec le livret d’exercices couplé au film sur CD.
Le groupe témoin a reçu des lunettes sans prisme, n’a pas porté de semelles et n’a pas fait d’exercices ni maintenu de postures.

Toutes les données recueillies ont été mesurées sur des échelles numériques. La méthode d’analyse statistique utilisée (analyse de covariance) a permis de mettre en évidence des différences entre les deux groupes à M6 en tenant compte d’une éventuelle différence entre les deux groupes dès le début, à M0 (par exemple, l’âge de lecture au moment de l’inclusion).

Résultats :

Le groupe traité était formé de 20 dyslexiques de développement, âgés en moyenne de 11,5  1 ans [9,2-13,9 ans] et le groupe non traité comprenait 14 dyslexiques de développement, âgés en moyenne de 11,7  1,5 ans [9,4-14,7 ans]. Tous les volontaires inclus étaient de sexe masculin. A M6, quatre dyslexiques ont été exclus pour absence d’observance du traitement (absence de pratique d’exercices de reprogrammation, pas de port de semelles). Le groupe traité était donc composé de 16 dyslexiques seulement alors que tous les dyslexiques du groupe contrôle ont été re-examinés.

Interrogatoire :
A M0 il n’y a pas de différence significative (p=0.34) entre les deux groupes concernant le nombre moyen de signes fonctionnels. A M6 on note que seul le groupe traité présente un changement dans le sens d’une réduction du nombre des signes présents (p=.002). Les signes musculaires sont particulièrement sensibles au traitement et ont pratiquement tous disparus dans le groupe traité.

Bilan ophtalmologique :
A M0, 4 patients présentaient des troubles réfractifs (2 myopes de -1,75 et de -2,75 et un hypermétrope de +1,25 dans le groupe expérimental et un hypermétrope de +4,00 dans le groupe placebo). L’examen ophtalmologique standard était normal chez tous les enfants qui présentaient tous, sans exception, une insuffisance de convergence. A M6, l’examen biomicroscopique et rétinien était tout à fait superposable à l’examen initial et aucune variation réfractive était notée. L’insuffisance de convergence des patients du groupe expérimental ne s’est normalisée que chez 6 patients et, unilatérale initialement, s’est bilatéralisée chez 2 patients. Le groupe contrôle montre les mêmes anomalies qu’à M0.

Bilan postural :
A M0 : un seul patient avait un type mixte prédominant, tous les autres étant de type mixte pur.
A M6 :
Compte tenu du faible effectif, la différence entre M0 et M6 dans le groupe traité a été testée par un test binomial. On constate ainsi une réduction sur le torticolis (p=.008), la version du regard (p=.008), la convergence oculaire (p=.032) et la scoliose (p=.032). La rotation et l’extension de la tête ne montrent pas de différence significative (p=.062). Les pseudo-scotomes directionnels n’ont pas évolué. Sil faut cependant remarquer que seule leur présence ou leur absence a été recherchée, sans évaluer une éventuelle modification en fréquence ou en étendue.

Bilan neuropsychologique :
Les comparaisons intergroupes à M6, par analyse de covariance, aux épreuves visuo-lexicales montrent un effet significatif du facteur groupe pour :
- le retard en lecture mesuré à l’aide du test de l’Alouette (F(1,26) = 9,80 ; p = 0,04),
- la lecture de mots isolés réguliers et irréguliers (F(1,26) = 6,57 ; p = 0,01),
- les épreuves informatisées de décision orthographique (F(1,26) = 5,09 ; p = 0,03),
- les épreuves informatisées de complétion graphémique ( F(1,26) = 4,75 ; p = 0,04)
Pour le test de l’Alouette, les dyslexiques du groupe traité, à M6, diminuent leur retard en lecture et commettent moins d’erreurs que les dyslexiques du groupe non traité. Toutefois, les résultats montrent que si les progrès réalisés concernent 13 des 16 dyslexiques du groupe traité, l’un des enfants présente le même retard à M6 qu’à M0 et deux autres un retard de lecture qui s’est aggravé à M6. Le contrôle à M6 montrait pour l’un d’entre eux une modification du type de Déficience Proprioceptive (avec nécessité d’inverser les prismes obliques) et pour l’autre un montage de prismes défectueux avec un axe dévié de 20°. L’examen de l’enfant ayant stagné ne montrait rien de particulier. Dans le groupe témoin, tous les enfants ont aggravé leur retard de lecture sauf un. Il faut noter par ailleurs que, si les participants sous traitement ont globalement réduit leur retard en lecture par rapport au groupe contrôle, aucun enfant n’a récupéré le niveau de lecture attendu par rapport à son âge chronologique. Il en est de même pour l’épreuve de lecture de mots isolés réguliers et irréguliers. En moyenne, les dyslexiques du groupe traité sont passés d’un retard de lecture de 45,3 mois à MO à un retard de lecture de 43,8 mois à M6. Le retard de lecture a donc cessé de s’aggraver et a commencé à s’améliorer. Dans le groupe témoin le retard moyen de lecture est passé de 52,7 mois à MO à 60,6 mois à M6 soit une aggravation de 8 mois. Les autres tests évaluant les capacités visuo-lexicales n’ont pas montré de différence significative entre M0 et M6.

Les épreuves phonologiques et métaphonologiques, dans leur ensemble, n’ont pas révélé de différence entre les dyslexiques traités et les dyslexiques non traités.


Discussion :

Cette étude représente la première évaluation randomisée, en insu, d’un traitement agissant sur la proprioception chez l’enfant dyslexique. Elle confirme que tous les patients dyslexiques présentaient un SDP lors de l’inclusion. Elle permet de répondre positivement à la première question concernant le rôle du traitement proprioceptif sur les signes cliniques de SDP dans cette population particulière de dyslexiques : le traitement permet bien d’améliorer d’une façon très positive les signes ressentis par les dyslexiques, notamment au niveau musculaire.

Le traitement proprioceptif a eu un effet positif sur un certain nombre d’éléments constamment perturbés chez l’enfant dyslexique. Ainsi, il a amélioré d’une manière significative le test de leximétrie globale, la lecture des mots réguliers et des mots irréguliers ainsi que les épreuves de décision orthographique et de complétion graphémique. Si cette progression n’a pas été présente chez tous les enfants traités, elle a néanmoins intéressé la grande majorité des enfants traités (13 sur 16) pour la vitesse de lecture, élément important dans la dyslexie de développement. Par contre il n’y a pas eu d’amélioration significative pour ce qui concerne la manipulation des sons du langage et l’ensemble des épreuves concernant la conscience phonologique.

L’interprétation de ces résultats doit tenir compte du fait que l’étude a couvert une période limitée à 6 mois, ce qui est très peu si l’on considère l’importance des déficits initiaux qui sont supérieurs à 45 mois de retard en lecture. Il serait illusoire d’attendre une récupération du retard de lecture en 6 mois quand le déficit moyen est à ce niveau. De plus, la faiblesse des effectifs (liée à la difficulté de trouver des enfants dyslexiques acceptant l’idée d’être placebo) représente un handicap, notamment en raison de la grande variété de formes et de sévérité de la dyslexie. Enfin l’observance du traitement est difficile à apprécier pour ce qui concerne le respect des postures et des exercices. Nous avons volontairement placé les enfants sans surveillance particulière vis-à-vis de ces contraintes pour se placer dans les conditions les plus difficiles, conditions souvent retrouvées dans la vie pratique. C’est certainement ce qui explique que 4 enfants ont dû être sortis du protocole pour non respect des exercices demandés. Cette étude a été réalisée de façon randomisée en insu ce qui renforce sa valeur (le neuropsychologue qui faisait les évaluations ne savait pas à quel groupe appartenait l’enfant). Toutefois, l’insu n’était que partiel chez les enfants puisque seuls les enfants traités bénéficiaient d’exercices de reprogrammation.

En conclusion, les résultats de cette étude ouvrent une nouvelle voie de recherche en montrant pour la première fois qu’une modification de la proprioception peut être bénéfique sur certains éléments cliniques rencontrés dans la dyslexie de développement. Le niveau d’action du traitement sur les signes de dyslexie qui se sont améliorés reste à préciser. Cette étude préliminaire, limitée à un recul de 6 mois et avec un traitement largement modifié depuis (notamment pour ce qui concerne la précision du traitement proposé et le niveau des capteurs perturbés) doit être complétée par un essai thérapeutique sur un plus grand nombre de patients et pendant une plus longue durée. Ce sera le rôle d’un protocole multicentrique porté par 5 équipes françaises qui va prochainement voir le jour et permettre d’avoir des données encore plus précises.


VECU ET SUIVI DU TRAITEMENT PROPRIOCEPTIF ET POSTURAL DANS LA DYSLEXIE DE DEVELOPPEMENT.
A propos de 185 cas avec un recul de 10 à 18 mois.

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Ne disposant pas d’études sur le devenir des enfants dyslexiques traités par traitement proprioceptif à moyen terme, nous avons souhaité évaluer chez les patients traités en cabinet libéral depuis 10 à 18 mois
- l’efficacité du traitement à 1an tant sur les symptômes de la dyslexie que sur les symptômes du SDP (évolution ressentie par l’enfant et par ses parents)
- l’observance du traitement proprioceptif dans ses différentes composantes,
- les difficultés ressenties au quotidien par les patients vis-à-vis du traitement proprioceptif.

Cette étude a été réalisée avec le concours du Service de Biostatistiques et d’Informatique Médicale du Centre Hospitalier Universitaire de Dijon. Elle a été publiée en 2007 chez Masson dans l’ouvrage intitulé « Dysfonctions motrices et cognitives » sous le titre :

Vécu et Suivi du Traitement proprioceptif et postural dans la dyslexie de développement avec un recul de 12 à 18 mois.
Patrick Quercia (1), Pierre Métral (2), Christine Binquet (2)


(1) Cabinet Médical. 21200 Beaune
(2) Service de Biostatistiques et d’Informatique Médicale du Centre Hospitalier Universitaire. 21000 Dijon

L’ensemble des enfants pris en charge par notre équipe depuis 10 à 18 mois, pour lesquels un diagnostic de dyslexie a été porté suite à un bilan orthophonique, a été inclus de façon consécutive. Après examen et prescription lors de la première visite (J0), les enfants ont tous été revus 4 mois plus tard (M4) pour contrôle des lunettes, des semelles et des exercices et vérification de l’absence de modification du type de SDP.

Un autoquestionnaire standardisé sous forme d’un livret de 15 pages a été réalisé. Un effort particulier a été fait pour que sa présentation colorée soit ludique et que la compréhension des questions utilise autant l’image que la lecture. Le livret a été envoyé par voie postale avec une lettre explicative signalant que l’enquête était anonyme et que parents et enfants devaient répondre indépendamment pour ne pas influencer les réponses des uns et des autres. Un délai de 3 semaines a été proposé pour répondre. Une enveloppe de réponse non timbrée était jointe.
L’interrogatoire comportait 54 questions pour l’enfant dyslexique et 10 questions pour ses parents, dans 5 domaines différents :
a) observance du traitement,
b) suivi non ophtalmologique (orthophonie, podologie,…)
c) souhaits d’amélioration dans l’encadrement du traitement,
d) vécu du traitement (niveau de pénibilité),
e) auto-évaluation des résultats.
Pour ce qui concerne l’observance du traitement les questions concernaient toutes ses composantes : le respect du port des lunettes à prismes et des semelles de posture, l’utilisation du pupitre et du repose-pied en classe ainsi que le maintien des postures et la réalisation des exercices conseillés
Parmi les 300 livrets envoyés, 185 ont été retournés dans les délais et 17 hors des délais, soit un retour total de 67,3%. Les réponses provenaient de 163 garçons (88%) et de 22 filles (12%), soit 7,4 fois plus de garçons que de filles. L’âge moyen à M0 était de 11,6 ans (+/-2.7 ans), avec une fourchette allant de 9 à 19 ans, dont la moitié avaient entre 10 et 13 ans.La durée médiane de suivi était de 12 mois avec un intervalle interquartile (IQR) de 10 et 15 mois.

1. Observance du traitement
Un dyslexique sur 10 (10.4%) a arrêté complètement le traitement. Près de la moitié (51.3%) de ceux qui persévèrent disent trouver le traitement facile et le continuer sans difficulté. L’autre moitié (n=96) continue le traitement en le trouvant difficile et précise les éléments qui créent des difficultés.
Plus de 90% des enfants portent les lunettes avec les prismes posturaux tous les jours. Seuls 6% ont posé complètement leurs lunettes avec un délai médian depuis l’arrêt de 4 mois (IQR : 2-5 mois).Les semelles de posture sont portées chaque jour par 85% des enfants mais 11% les ont abandonnées.
Près de 2/3 des enfants (64%) disent utiliser le pupitre tous les jours de classe. Mais près de 30% ne l’utilisent pas (10% ne l’utilisent jamais et près de 20% ont arrêté de l’utiliser). Pour les 19% qui ont arrêté, le délai médian depuis l’arrêt est de 4 mois (IQR :2-6 mois). Au total, 40% des dyslexiques utilisent le repose-pied chaque jour de classe et 50% ne l’utilisent jamais, soit qu’il ne soit pas nécessaire en raison de la longueur de leurs jambes (20%), soit qu’ils aient arrêté (30%) avec un délai médian au moment de l’enquête de 3 mois (IQR : 2-7 mois).
Plus d’1/3 des enfants n’utilisent pas ou seulement très rarement la position debout recommandée. Moins de 30% l’utilisent quotidiennement. Plus de 60% des dyslexiques adoptent la position assise tous les jours et seulement 8% ne la respecte jamais. Une proportion similaire respecte la position conseillée pour l’endormissement tous les jours ou 1 jour sur 2. Par contre, 30% ne la pratiquent pas ou rarement. Pour ce qui est de la marche avec les pieds parallèles et le déroulement conseillé du pied, plus de 70% déclarent la respecter tous les jours ou 1 jour sur 2. Cette manière de marcher n’est pas utilisée, ou très rarement, par 16% des enfants.
La moitié des dyslexiques traités pratique les exercices de respiration en position couchée tous les jours ou 1 jour sur 2. Un tiers des enfants ne pratique pas ces exercices ou très rarement, et 12% d’entre eux ont arrêté après avoir commencé. Pour les exercices en position debout, seuls 21% des enfants déclarent les faire chaque jour et 12% les font 1 jour sur 2 alors que 33% ne les pratiquent plus ou ne les ont jamais pratiqués.
Les parents ne participent pas ou très rarement aux exercices pour 75% des cas parmi lesquels 15% déclarent avoir arrêté après avoir commencé (délai médian depuis l’arrêt de 6 mois (IQR : 5,5-8,5 mois).

2. Suivi non ophtalmologique.
Près de ¾ des dyslexiques (72.4%) sont allés chez le podologue, 1 ou 2 fois pour 70% d’entre eux, mais jusqu’à 6 fois pour certains (n=5) Plus de la moitié (53.5%) ont changé de semelles une fois et 34.7% en ont changé 2 ou 3 fois sur la période de 12 à 18 mois.
Le réglage précis des lunettes a motivé la visite chez l’opticien chaque semaine pour 11.5% des dyslexiques alors que 60% sont allés le voir toutes les 2 à 4 semaines. Près de 90% y sont allés au moins une fois tous les 2 mois.
Plus d’un tiers des dyslexiques (35%) n’a pas eu de contact avec un orthophoniste depuis le début du traitement. Parmi ceux qui y sont retournés, 80% poursuivent les séances de rééducation orthophonique alors que 20% ont arrêté. Parmi ceux qui suivent les séances, plus de 2/3 (69%) ont une séance hebdomadaire et 12% ont deux séances hebdomadaires. Parmi les 20% qui ont arrêté les séances, la moitié en avait fait 20 au total, 25% sont allés jusqu’à 25, et au maximum, quelques uns (n=3) sont allés jusqu’à 40 séances. Plus de 50% des enfants ont eu un nouveau bilan orthophonique complet de la dyslexie depuis le début du traitement.

3. Souhaits d’amélioration de l’encadrement du traitement.
L’attente non satisfaite sur le soutien ou les démonstrations des exercices reste modérée. Ainsi, 38% pensent que le traitement aurait été plus facile à suivre s’ils avaient eu accès à une nouvelle consultation médicale. Par ailleurs, 20% estiment qu’ils auraient eu bénéfice à avoir une démonstration des exercices lors de la première consultation, et 7% auraient aimé avoir une démonstration après les 6 semaines d’apprentissage proposées dans le cahier d’exercices donné au patient. Mais aucun patient ne désire avoir accès à des démonstrations multiples pour apprendre les exercices. Seulement 6.5% souhaitent que l’orthophoniste les accompagne pour les exercices. Finalement 17% regrettent ne pas avoir eu plus d’aide de la part de leurs parents.

4. Vécu du traitement.
Les lunettes ne posent pas de problème pour plus des 87,4% des enfants. Par contre, des difficultés certaines (de « difficile » à « extrêmement difficile ») sont présentes pour 12.5% (n=12).
Pour 81% (n=82) des répondants, il n’y a pas de problèmes avec les semelles qui sont cependant jugées à l’origine de vraies difficultés pour 11.4% des enfants (n=6).Les chaussures à semelles fines et souples avec un bout plat ne créent de réel problème que pour 11% des 96 enfants (n=11).
Si le pupitre n’est source de difficultés que pour 20.5% (n= 18) des répondants lors de son utilisation à la maison, il devient « difficile » à « extrêmement difficile » à l’école pour 42.7% (n=41) des répondants. Quant au repose-pied, si le niveau de difficulté d’utilisation est faible à la maison (11.5%, n=11) il devient lui aussi très marqué en classe (44%, n=42).
Respect des postures.
La position d’endormissement est vécue très différemment selon les enfants mais plus de la moitié rencontre des difficultés et la qualifie de « difficile à extrêmement difficile » alors que l’autre moitié l’adopte sans problème.
La position assise recommandée en classe, pendant les repas et en voiture, ne pose pas de problème réel pour près de ¾ des dyslexiques (respectivement 77%, 66% et 66.5% de n=96). Par contre le respect de cette position pour regarder la télévision pose un problème à 71% (n=69) des enfants et 28.2% (n=27) la juge « extrêmement difficile » lors de ces moments de détente.
La position debout d’attente gêne 51% (n=49) des enfants répondants.
Pratique des exercices.
Marcher les pieds parallèles en déroulant le pied ne pose pas de problème pour 76% des 96 répondants estime cette contrainte facile ou peu difficile..
La respiration n’est réellement difficile que pour 33.3% (n=32) des enfants quand il s’agit de la position couchée à plat dos, mais elle passe à 51.5% (n=49) pour la position debout.


5. Auto-évaluation des résultats par l’enfant dyslexique et ses parents.
Les variations relatives des scores de performance entre J0 et M12 (différence entre les scores à M12 et à J0, rapportée au score à J0) ont été calculées à partir des données recueillies chez les parents et chez les enfants à M12.
En médiane, les améliorations relatives estimées par les enfants entre J0 et M12 s’échelonnent entre 21% pour les douleurs musculaires et 114% pour la vitesse de lecture. En dehors de la vitesse de lecture, les améliorations les plus nettes sont retrouvées pour la compréhension des textes lus (88%), la concentration pour le travail scolaire (87%) et la rapidité pour les devoirs en classe (80%). Le bien-être et la fatigue générale s’améliorent respectivement de 60% et 52%. Les progrès sont moins nets pour la mémoire, la compréhension orale et les douleurs musculaires. Par contre l’effet ressenti sur la qualité de l’écriture est élevé (75%).



Graphique illustrant la progression de J0 (médiane, en %) entre J0 (valeur ramenée à la position 0) et M12 dans les différents domaines. Noter la forte progression en vitesse de lecture et en compréhension du texte lu. (L’appréciation de la progression par les enfants est en bleu et par leurs parents en jaune).

Les améliorations estimées par les parents sont plus importantes que celles rapportées par les enfants mais restent dans un même ordre de grandeur. La différence est liée au fait que l’appréciation des parents est plus pessimiste sur le niveau de départ et plus optimiste après 12 mois de traitement.


6. Analyse des résultats de l’auto-évaluation.
Dans le groupe des enfants qui portent leurs lunettes et leurs semelles au moins un jours sur deux, le fait de respecter les postures recommandées et de réaliser les exercices régulièrement était associé à une amélioration ressentie plus importante en terme de compréhension orale (amélioration médiane de 53% [IQR : 29%-100%] chez les observants versus 29% [IQR : 7%-88%] chez les non observants (p=0.0209)). La rapidité de réalisation des devoirs écrits en classe semblait également davantage améliorée (p=0.0410) chez les enfants respectant les postures (médiane : 106%, IQR : 50%-167%) par rapport aux enfants ne les respectant pas régulièrement (médiane : 71%, IQR : 20%-133%). On retrouvait également une amélioration estimée par les enfants plus importante en terme de capacité de concentration (p=0.0258) chez les observants (médiane : 142%, IQR : 64%-325%) par rapport aux non observants (médiane : 100%, IQR : 33%-157%).
Cependant, le score médian initial était plus faible chez les enfants observants (p=0.021) que chez les enfants non observants. Ainsi les enfants observants partaient d’un état qu’ils estimaient plus dégradé que les enfants non observants. Ils avaient donc une marge plus importante de progression qui pourrait partiellement expliquer la différence observée en terme d’amélioration. La distribution statistique des scores ne suivant pas un loi normale, il ne nous était pas possible d’ajuster sur le score initial et ainsi d’identifier l’impact de l’observance sur la différence relative des capacités de concentration indépendamment du score initial de concentration.
On peut noter par ailleurs que la comparaison entre les enfants respectant les postures recommandées et ceux qui ne les respectent pas montre que l’amélioration de la concentration est significativement plus importante chez les premiers que chez les second (p<10-3), les autres scores n’étant pas significativement différents d’un groupe à l’autre. Cette tendance était confirmée lorsque les comparaisons étaient réalisées à partir des différences relatives estimées par les parents.
Dans le groupe des enfants ne portant pas régulièrement leurs lunettes et leurs semelles (15% des enfants), il n’apparaît aucune amélioration significative dans les résultats que les postures seules, ou que les postures associées aux exercices, soient réalisées ou non. Les lunettes et les semelles semblent donc représenter une condition nécessaire à l’amélioration des résultats (l’effectif de ce groupe est cependant trop faible pour mettre en évidence clairement des différences).
Parmi les 185 enfants inclus, 173 enfants (94%) ont indiqué s’ils continuaient ou non l’orthophonie. Les enfants poursuivant ce traitement en parallèle au traitement postural estimaient avoir progressé de 50% en médiane en terme de mémorisation alors que les enfants ne poursuivant pas un traitement orthophonique n’estimaient avoir progressé que de 20% (p=0.0708) sans que les niveaux de départ puissent être considérés comme différents (p=0.280). Les séances d’orthophonie pourraient donc avoir un impact positif complémentaire sur la capacité de mémorisation.


7. Commentaires.

L’enquête.
Le taux de retour des interrogatoires est élevé par rapport à d’autres enquêtes menées dans un objectif similaire (Bakker, 2006). Il est probablement le témoin d’un investissement fort des patients dans le traitement, souvent décidé à l’issue d’une déception vis-à-vis des techniques classiques de rééducation orthophonique. Il pourrait aussi refléter le sentiment qu’ont les patients de participer à une nouvelle thérapeutique non encore éprouvée et exploratoire d’un domaine nouveau, ce fait étant bien expliqué au moment de la prise de rendez-vous et de la prescription. L’interrogatoire, qui se voulait anonyme pour préserver la liberté de réponse, ne permettra pas de contacter les 98 non-répondants. Le fait que beaucoup d’entre eux aient pu abandonner totalement le traitement ou que leur dyslexie ne se soit pas améliorée doit rendre prudente l’interprétation des résultats des 185 dossiers retenus (possible biais de sélection).

Observance du traitement.
Le traitement repose sur une modification du système postural par le bais d’une action sur le capteur visuel rétinien et musculaire (prismes posturaux), le capteur plantaire cutané et musculaire (semelles de posture) et le capteur musculaire corporel (postures et exercices).
Le port régulier des lunettes prismatiques et des semelles ne pose pas de problème à la grande majorité des patients et il en est de même pour le matériel nécessaire au maintien d’une bonne posture (repose-pied) et à une lecture sur un plan incliné (pupitre) dès lors que l’enfant est chez lui. Par contre, en classe, le matériel pose de réels problèmes. Ceci est certainement du à des problèmes techniques (transport d’une salle à l’autre, encombrement etc…) mais surtout au poids du regard des autres enfants. Le dyslexique est en souffrance permanente et ne voit dans son handicap qu’un seul avantage : il ne se voit pas ! Une meilleure approche psychologique de ces contraintes et une information adéquate du corps enseignant pourrait certainement être de nature à aider l’enfant dans l’acceptation de ces contraintes.
La très grande majorité des enfants suit les conseils prodigués quant à la nécessité d’une surveillance régulière et fréquente chez l’opticien pour le réglage des lunettes et d’un contrôle annuel ou bisannuel pour les semelles.
Les enfants qui ne respectent pas la position assise recommandée sont rares mais ils sont peu à penser à bien positionner leur centre de gravité lors des positions d’attente debout, heureusement rares chez l’enfant. La position d’endormissement provoque des douleurs cervicales et lombaires à celui qui n’applique pas en même temps une respiration abdominale contrôlée et ceci peut expliquer que 30% des enfants ne l’adoptent pas. De plus, au début, elle donne volontiers une sensation pénible d’avoir la tête plus basse que les pieds en raison des anomalies du schéma corporel typiques du SDP. Pour diminuer ce taux d’enfants non observants, un effort explicatif devra être fait lors de l’examen à M4 pendant lequel la compréhension des exercices (appris grâce à un film sur CD et un cahier d’exercices donnés à M0) est contrôlée.
La participation des parents aux exercices, très décevante (seulement 9% tous les jours), malgré un engagement exprimé au moment de la prise de rendez-vous et pendant les consultations, renvoie à un problème sociétal plus profond. Avoir un enfant dyslexique n’est pas facile et nécessite une patience particulière. La lassitude engendrée par un traitement long, les difficiles relations parents-enfants au moment de l’adolescence (mais la moitié ont seulement entre 10 et 13 ans), le poids des thérapeutiques passées, les emplois du temps chargés, les familles déstructurées, etc…. jouent certainement un grand rôle. Il n’y a pourtant pas d’autre issue qu’un investissement familial fort en raison du caractère quotidien des exercices et de la permanence des postures à maintenir.
La plupart des enfants ont continué les séances d’orthophonie qui sont probablement ressenties comme une aide indispensable, au moins pour combler le retard acquis. Orthophonie et traitement postural sont ainsi vécus comme des possibilités complémentaires et non pas concurrentes. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les deux traitements sont présentés au moment des consultations.
Le nombre très faible d’abandon (10%) est à relativiser en raison du nombre de non-réponses, mais il reste faible si l’on considère qu’il s’agit d’un traitement long avec une incitation médicale non répétitive. Il est intéressant de noter que plus de la moitié des enfants ayant répondu trouvent le traitement facile. Ce chiffre devrait permettre de motiver les dyslexiques hésitants.
Parmi ceux qui déclarent trouver le traitement difficile mais le continuer, c’est encore l’utilisation du matériel en classe qui est mise en cause. Si tenir les postures est possible, cela devient difficile lors des nécessaires moments de relaxation, comme devant la télévision par exemple. Ceci est bien compréhensible de la part de ces enfants constamment sous pression.
Même si l’intervention médicale se limite à une consultation de départ et un contrôle à M4, la demande d’aide supplémentaire reste discrète et seulement 38% des enfants estiment qu’une consultation supplémentaire leur aurait apporté un soutien. L’aide attendue de la part des parents et de l’orthophoniste est encore plus faible. On retrouve là le désir d’indépendance et d’autonomie souvent affirmé par les dyslexiques dès qu’ils entrevoient une solution à leur problème.

Auto-évaluation des résultats.
Que les résultats soient évalués par les enfants ou les parents, le ressenti des résultats du traitement est très positif pour la vitesse de lecture et pour la compréhension du texte lu qui représentent le « cœur » de la pathologie dyslexique. L’amélioration des douleurs musculaires et de la fatigue s’explique par un relâchement des contractions musculaires pathologiques qui sont présentes au cours du SDP, sources de contractures, de mauvais sommeil et de dépense énergétique inutile. Même si elle est moins nette, la compréhension orale progresse nettement, ce qui suggère que le traitement n’influence pas seulement le capteur visuel, riche en fibres musculaires, mais aussi le capteur auditif (ou les centres de l’intégration sémantique des messages ?). Ceci semble bien montrer que l’action sur la proprioception oculaire et générale dépasse la fonction des capteurs modifiés et agit en aval sur un mode interactif avec les autres modalités sensorielles.
Le caractère dysgraphique de l’écriture, fréquent chez le dyslexique, est modifié favorablement. Le rôle du système postural dans la coordination des mouvements et dans la localisation spatiale des repères (lignes) peut permettre de l’expliquer. Amélioration de l’écriture, meilleure compréhension écrite et orale, diminution de la fatigue, se conjuguent pour favoriser les facultés de concentration et de mémorisation. L’amélioration de la rapidité des devoirs écrits en classe témoigne de l’amélioration de l’ensemble des fonctions cognitives.
La progression très nette des performances du dyslexique après 12 à 18 mois de traitement doit être modulée par le fait qu’il s’agit d’une estimation subjective réalisée au sein d’un groupe de patients dont nous savons peu de choses quant au niveau de dyslexie initiale et au type de dyslexie. Il faut aussi garder à l’esprit qu’il s’agit d’une auto-évaluation faite le même jour pour J0 et M12 (donc à postériori pour J0), ce qui est de nature à influencer l’évaluation pour J0.
A l’inverse, le nombre de dyslexiques impliqués dans l’étude, le nombre élevé de réponses, la durée du recul et la cohérence des réponses des enfants et des parents donne une valeur indéniable à cette première étude.
L’étude des corrélations confirme le rôle indispensable d’un port régulier des prismes posturaux et des semelles et l’importance d’une attitude rigoureuse pour le maintien des postures et la réalisation des exercices. Ces derniers semblent renforcer des facultés non liées directement à la lecture mais qui jouent un rôle clé dans les troubles des apprentissages accompagnant la dyslexie stricto sensu.

Docteur Patrick Quercia
Beaune, le 22 octobre 2007




Dr Q.

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AnneNhauneem
1341       

AnneNhauneem
  Posté : 23-10-2007 09:00

D'abord merci de votre visite et de ce long texte.
On verra le fond plus tard, et il serait bien que des gens sérieux viennent contribuer à l'analyse, car il faut une compétence que je n'ai pas pour vous donner une réplique sérieuse.

pour commencer, un point d'accord, désolant, triste, amer:
"- une étude récente des publications scientifiques (Bakker. Treatment of developmental dyslexia: a review. Pediatr Rehabil. 2006;951):3-13) ).analysant les études faites depuis 30 ans sur la dyslexie et publiées sur la base de données internationales Medline (publications validées par un comité de lecture indépendant) montrent que plus de 3800 publications ont été faites sur des essais tentant de comprendre POURQUOI un sujet est dyslexique. Dans le même temps (30 ans) mois de 15 études proposent une évaluation de traitement disant COMMENT on peut aider un dyslexique. Dans ce dernier groupe,si on se réfère à la recherche scientifique française, pourtant bien active dans le domaine de la dyslexie, le nombre d'études réalisées en comparant un groupe placebo à un groupe traité se compte sur les 2 doigts d'une main. Notre publication est l'une d'elle. "
c'est le constat d'un désert thérapeutique.
sans doute car il ne s'agit pas d'une maladie, mais d'une différence, la dyslexie est une différence, donc pas à traiter, autres causes à ce désert?

Tous les experts disent la dyslexie n'est jamais pure, elle est toujours accompagnée d'un degré de troubles attentionnels et de troubles moteurs ou dyspraxique ou cerébelleux-vestibulaire selon ce qu'on veut souligner.
Et pourtant quand il s'agit de traiter la dyslexie, il ne s'agit jamais de s'attaquer ni aux troubles attentionnels ni aux troubles moteurs.Sacrément étrange.
Vous ne trouverez pas un mot dans le rapport de l'inserm pour dire que le système attentionnel joue un role dans la dyslexie.On vous parle de tous les modèles physiopaths possibles et jamais de leur lien avec le système attentionnel.Les troubles visuels dans la dyslexie?Indépendants de système attentionnel, pas de lien évoqué avec les troubles moteurs, étrange, non?
Les modèles connexionnistes de lecture fonctionneraient tout seuls, les modèles temporels idem.
En thérapeutique, vous ne trouverez pas d'études montrant qu'en améliorant le système attentionnel on améliore la lecture du dyslexique.Surprenant.

Je ne crois pas à troubles proprioceptifs chez tous les dyslexiques et à l'équation amélioration troubles proprioceptifs gains sur dyslexie chez tous,mais cela relève de ma croyance et j'attends plus d'études concordantes.Il n'empèche que vous n'étes pas nombreux sur le terrain thérapeutique qui est le votre, et donc merci d'étre là et de continuer à bosser sur le sujet.

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Cathy02
284     

Cathy02
  Posté : 23-10-2007 10:16

Anonyme,

Votre obsession du trouble attentionnel vous interdit de lire ce que l'on vous dit. Alors je répète :
Pour moi, les dys ne sont pas des handicapés, mais des personnes pensant autrement et, tout comme on apprend à un non- dys à apprendre à l'école avec une méthode, moi (entre autres), je leur apprends avec une méthode qui s'adapte à leur façon de réfléchir et d'appréhender les choses à savoir.
Avec cette méthode, le temps de concentration du dys passe de 5 min à 1,5 h de concentration (avec bien sûr les "poses" que tout non-dys connaît également : 10 min de concentration, 1 min de relâchement).

Essayez de concentrer un enfant non-dys sur une matière à laquelle il ne comprend absolument et que personne ne lui explique : vous verrez la durée d'attention qu'il portera!

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AnneNhauneem
1341       

AnneNhauneem
  Posté : 23-10-2007 10:48

Cathy,
je ne souhaite pas faire dériver cete file avec nos approches différentes et complémentaires.
je ne suis pas ce fou qui nie la composante psychologique par exemple,
je dis certaines personnes ont un problème matériel, tout bète au niveau énergétique par exemple, et il y a d'autres trucs non psycho,
et que j'en ai assez qu'on leur dise de tordre les petites cuillères en métal avec la force de leur esprit.

je peux parler d'autres choses que le système attentionnel et qui se rapporte au sujet de cette file.
il s'agit des troubles moteurs, il s'agit par exemple de l'hypotonie,
cette hypotonie peut donner les difficultés au quatre pattes, des troubles oculomoteurs, des troubles de la posture, des troubles de latéralisation.
Savoir si c'est en corrigeant la proprioception qu'on a résolu le problème d'hypotonie,
cela existe peut-ètre mais à mon avis pas chez tous.
donc j'ai d'autres hypothèses, mais j'aimerai bien que les neurologues nous fasse un topo
Donc vous pouvez appeler cela une différence et non une maladie
c'est votre soucis de penser laissons fare la nature et de toute façon on trouvera une autre solution pédagogique adaptée.
J'écoute et ne critique pas,
je dis c'est aussi une position valable de savoir à quel niveau cela se passe, pourquoi et comment, et si on peut y remédier.
La méthode de Lisbonne est une approche.
Pour qu'il y ait d'autres approches encore faut-il nommer les problèmes.

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cricri
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cricri
  Posté : 23-10-2007 11:18

bonjour,

Milles excuses au Dc Quercia pour l'apparté qui va suivre.


Jmf, tu exageres, et tu defformes les propos de cathy02 dans des raccourcis odieux. Elle n'a jamais dit de laisser faire la nature, au contraire, elle affirme qu'en tenant compte de leur particularité, elle arrive à les hisser dans le domaine des connaissances, sans souffrances et sans calque.

J'insiste lourdement, car elle agit en plein respect de l'individu, elle ne calque pas une norme, n'impose pas une norme de comportement, elle prend son sujet comme il est et lui montre tout son potentiel, sans forcing mais avec une rigueur dans les schemas de progression. Le sujet cesse d'etre en decalage et acquiert enfin l'autonomie et la confiance pour poursuivre sans renier ce qu'il est.

Le Docteur Quercia n'a parle que de dyslexie, pas de dyspraxie. Possible que les tentations d'essayer le TT sur ts les symptomes des troubles des apprentissages scolaires est largement participé à la confusion.

J'ajoute que sur Apedys, les dialogues sont tjrs restés courtois et que chaque parent demandeur a ete orienté vers le site posturo afin qu'il se fasse une idee du TT.

Les non-convaincus du TT n'ont jamais mis un parent au pied du mur en le taxant de non assistance à enfant en danger, c'est plutot la tactique des pros de la posturo qui avancent ce genre d'arguments.

Un methode ne chasse pas l'autre, elle est complement mais ne revolutionne pas l'ecole. Et der point dans les reclammations, s'il y a une corporation qui peut se sentir lesee, c'est surement la categorie du corps enseignant, ceux qui font bien se trouvent lapides par des confreres qui n'ont pas encore perçu la dimension de leur role.




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AnneNhauneem
1341       

AnneNhauneem
  Posté : 23-10-2007 14:00

je parle médecine à un médecin, j'en appelle à d'autres médecins pour essayer de comprendre,
mais c'et trop fort j'imagine que cela gène, il faut y rajouter des querelles idiotes du web qui pouvaient trouver place ailleurs,c''est pas le nombre de files où j'ai participé qui manquent.

relisez tranquillement mes propos qui ne sont pas forcément intéressants,
lmais parlez moi hypotonie si le déficit attentionnel vous enquiquine.
hypotonie n'est pas nécessairement à priori une donnée pédagogique.

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AnneNhauneem
1341       

AnneNhauneem
  Posté : 23-10-2007 16:14

"1: J Child Psychol Psychiatry. 2003 Jul;44(5):712-22. Links
The relationship between motor control and phonology in dyslexic children.Ramus F, Pidgeon E, Frith U.
Institute of Cognitive Neuroscience, University College London, UK. ramus@lscp.ehess.fr

BACKGROUND: The goal of this study was to investigate the automaticity/cerebellar theory of dyslexia. We tested phonological skills and cerebellar function in a group of dyslexic 8-12-year-old children and their matched controls. Tests administered !include!d the Phonological Assessment Battery, postural stability, bead threading, finger to thumb and time estimation. RESULTS: Dyslexic children were found to be significantly poorer than the controls at all tasks but time estimation. About 77% of dyslexics were more than one standard deviation below controls in phonological ability, and 59% were similarly impaired in motor skills. However, at least part of the discrepancy in motor skills was due to dyslexic individuals who had additional disorders (ADHD and/or DCD). The absence of evidence for a time estimation deficit also casts doubt on the cerebellar origin of the motor deficiency. About half the dyslexic children didn't have any motor problem, and there was no evidence for a causal relationship between motor skills on the one hand and phonological and reading skills on the other. CONCLUSION: This study provides partial support for the presence of motor problems in dyslexic children, but does not support the hypothesis that a cerebellar dysfunction is the cause of their phonological and reading impairment.
"

Tout à fait d'accord avec Ramus sur ce point.
Certains troubles moteurs, les ? troubles moteurs sont des marqueurs associés au troubles cognitifs,
pas nécessairement la cause des troubles cognitifs.
Si certains ont des troubles au niveau cervelet, je pense qu'on peut s'arréter au système réticulé dans des déficits attentionnels.Maintenant rien ne dit qu'acétylcholine n'est pas cause commune de troubles tonus et de troubles cognitifs, un peu sur le modèle du down syndrom, je crois , cela fait longtemps que je n' ai pas regardé.
Donc des gamins peuvent avoir signes posturaux par l'hypotonie sans passer par un trouble proprioceptif primaire, et rien ne dit que corriger ce trouble postural fasse gagner la partie sur l'ensemble des troubles cognitifs.

Sinon, tout de mème hypotonie et troubles de latéralisation, QS quatre patte, trouble de latéralisation chez un dys attentionnel qui ne peut compenser cette difficulté, forme de dyslexie,on a une contribution nette du trouble moteur,...

Donc oui, il y a à débattre de médical,
et à aider médicalement certains probablement,
enfin à supposer que des médecins s'ocupent de cognitif.

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claudia15
2077       

claudia15
  Posté : 23-10-2007 18:01

bonjour,

je remercie vivement le Docteur P. Quercia d'avoir pris sur son temps afin de venir nous expliquer clairement où en étaient les recherches.

Je ne peux pas en dire autant de AnneNhauneem Je ne sais qui vous êtes, ni ce que vous cherchez à prouver à vous même !
Mais ce que je sais, c'est que vous avez pas mal de problèmes ds votre tête ! et que franchement à chaque fois que vous intervenez dans une file, j'ai besoin d'un décodeur pour vous lire et je trouve cela bien regrettable ! vous engorgez l'esprit humain en employant des tournures de phrases que seul vous comprenez
Il y a longtemps que je tenais à vous le dire et je ne pense pas être la seule...
Que vous ayez un besoin nombriliste énorme, je peux le comprendre, mais alors trouvez un site adéquat. et n'encombrez pas les sujets fort intéressants de ce site.
Ce n'est pas dans mes habitudes et je m'en excuse auprès des autres membres du site, mais là, trop c'est trop !


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AnneNhauneem
1341       

AnneNhauneem
  Posté : 23-10-2007 18:22

si le débat médical vous passe au-dessus de la tète, c'est que la dyslexie et d'autres troubles cognitifs ne sont pas médicalisés, donc normal que cela soit difficile.
pas médicalisé mais cela ne gène personne sur ce site d'adresser les dyslexiques aux ophtalmoposturologues directement, alors que vous ne maitrisez ni les tenants , ni les aboutissements.

donc lorsque le Pr Robichon dit comment peut-on commercialiser (QS centre machin) une technique médicale non éprouvée, et dont je vois des effets secondaires, agravation, il n'a pas tord.
Et pourtant je suis aussi à féliciter et encourager le Dr De Quercia.
C'est difficile à comprendre, je m'en fiche.
je suis pour nommer, décrire ce qui se passe
que je sois un mauvais pédagogue, OK
je fais dans l'urgence
oui c'est mégalomaniaque d'avoir essayé de comprendre la pédagogie, la neuropsycho, l'orthoptie, la neuro tout court,
c'est complètement mégalo,
simplement je n'ai pas confiance,
et sur ce que je lis aux US et pas en France, je pense avoir eu raison,
mais faites ce qui vous plait,
et surtout lisez les gens que vous comprenez,
vous pouvez zapper mes textes facilement.

  Profil  
Claude
5404       

Claude
  Posté : 28-10-2007 04:23

Merci au Dr Quercia de nous avoir fait ce compte rendu complet de ses conclusions sur les recherches effectuées dans le domaine étudié.

Annehauneem, vous réclamez toujours d'autres études que celles qu'on vous expose. Ne les réclamez pas à ceux qui ont choisi un chemin de recherche déjà difficile à suivre dans le contexte actuel d'"ouverture" sur les idées nouvelles...
Je pense que si vous recherchez une solution médicamenteuse, il faut la demander aux médecins chercheurs, c'est plus leur domaine.

Pour avoir parlé avec de nombreux adultes dyslexiques, le médicament n'est absolument pas ce qu'ils recherchent. Ils ne veulentpas être guéris de leur dyslexie, surtout lorsqu'ils ont réussi à la compenser et à l'utiliser dans leur travail.
Ils veulent bien lire plus facilement, faire moins de fautes, mais ils ne veulent surtout pas qu'on touche à autre chose dans leur fonctionnement. Ce serait toucher à leur personalité, à leur originalité par rapport aux autres, à leurs atouts, à ce qu'ils sont profondément.

Mon fils qui a travaillé dur en orthophonie et en Français m'a récemment dit qu'il avait l'impression d'avoir tout perdu de ses anciennes capacités : facilités en maths, capacités de bricolage, capacités de création, imagination... En fait, on l'a obligé à travailler son point faible et il est devenu moyen, mais moyen aussi en tout, alors qu'il était excellent dans certains domaines.

Donc, il veut maintenant redevenir celui qu'il était avant tout ces traitements. Pour cela, il lui faudrait du temps pour faire autre chose que de l'orthophonie et de l'écrit... Je vais donc m'attacher à lui faire retrouver ce qu'il est profondément, ce qu'il n'a jamais voulu abandonner, ce qui fait sa particularité. Heureusement qu'il n'a pas eu de médicament pour lui faire disparaître cela, car je suis sure qu'on va le retrouver.

Claude

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