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La dyslexie, l'union fait la force!
   
Revue de presse Article : Quotidien du médecin "du nouveau sur l'origine familiale de la dyslexie"

 

 

    

  Article du 31-Oct-2005 par Elodie BIET

 

Du nouveau sur l'origine familiale de la dyslexie

 

Un gène candidat est identifié

 

Une délétion génétique altérant la séquence d'un gène du chromosome 6, le gène DCDC2, pourrait être impliquée dans l'étiologie de la dyslexie. Une étude conduite à Yale (New Haven, Connecticut) révèle l'existence d'une forte association entre la présence de cette mutation et la dyslexie.

 

UNE EQUIPE américaine vient d'identifier une mutation génétique significativement associée à la dyslexie. Cette mutation touche un gène de fonction inconnue, le gène DCDC2. De là à conclure que DCDC2 est un " gène de dyslexie ", il n'y avait qu'un pas à franchir. Mais les auteurs de ce travail préfèrent rester prudents. Aujourd'hui, DCDC2 ne doit être considéré que comme " un gène potentiellement impliqué dans l'étiologie de la dyslexie ".

Il est établi depuis plus de trente ans que des facteurs génétiques interviennent dans le développement de la dyslexie : environ la moitié des enfants de parents de dyslexiques, la moitié des parents d'enfants dyslexiques et la moitié des frères et sœurs de dyslexiques sont eux-mêmes dyslexiques.



Ces observations ont conduit de nombreuses équipes de scientifiques à faire l'hypothèse de l'existence de " gènes de la dyslexie ". Depuis le début des années 1980, diverses études ont d'ailleurs permis l'identification de nombreuses régions du génome humain qui pourraient être impliquées dans la genèse de ce trouble neurocomportemental. La région la plus souvent retrouvée lors de ces études est un domaine de 1,5 mégapaires de bases localisé sur le bras court du chromosome 6 (6p22). Ce locus a été baptisé DYX2. Il contient au moins 19 gènes et deux pseudogènes dont la plupart sont exprimés dans le cerveau.

Souhaitant obtenir de nouvelles données sur le rôle éventuel de cette région génomique dans la transmission de la dyslexie et espérant aboutir à l'identification d'un gène directement impliqué dans l'apparition de troubles de la lecture et de l'écriture, Meng et coll. ont mené une nouvelle analyse du patrimoine génétique de familles de dyslexiques.

 

500 personnes appartenant à 153 familles

Ils ont procédé au génotypage de la région DYX2 chez plus de 500 personnes appartenant à 153 familles recrutées par le centre de recherche sur les défauts d'apprentissage du Colorado. Ce travail les a conduits à isoler un gène dont certains polymorphismes sont très fortement associés au développement de la dyslexie : DCDC2. Des analyses complémentaires leur ont ensuite permis d'affiner leurs résultats et d'identifier un allèle mutant de DCDC2 dont la présence est particulièrement fréquente chez les dyslexiques. Cet allèle est caractérisé par la délétion de 2 445 paires de bases dans l'intron 6 du gène.

La fonction de DCDC2 est inconnue, mais le gène partage de nombreuses similitudes de séquence avec DCX, un gène impliqué dans la migration des neurones lors du développement. En inhibant l'expression de l'homologue murin de DCDC2 dans le cerveau de foetus de rat, Meng et coll. ont observé que cette similitude structurale s'accompagne d'une certaine similitude fonctionnelle : les rats traités in utero par des ARN antisens dirigés contre DCDC2 présentent des altérations cérébrales induites par une migration anormale des neurones au cours du développement.

Chez l'homme, les chercheurs ont pu établir que DCDC2 s'exprime dans les régions cérébrales impliquées dans les taches de lecture.

 

Le fonctionnement des aires cérébrales

De l'ensemble de ces résultats, il ressort que la délétion d'une portion de l'intron 6 du gène DCDC2 pourrait être impliquée dans le développement de la dyslexie. Cette mutation ne doit pas conduire à une perte de fonction du gène puisqu'aucune anomalie dans la migration des neurones n'a jamais été observée chez les sujets dyslexiques. En revanche, la mutation pourrait avoir des conséquences sur le fonctionnement des aires cérébrales mises en jeu lors de la lecture et de l'écriture.

Meng et coll. insistent sur le fait que la dyslexie est un pathologie trop complexe pour qu'on puisse lui imaginer une origine monogénique. De multiples facteurs génétiques et environnementaux sont vraisemblablement impliqués. Et la mutation de DCDC2 identifiée par leur équipe en fait potentiellement partie.

 

> ELODIE BIET

 

Meng et coll., " Proc Nalt Acad Sci USA ", édition en ligne avancée.

 

Une influence des troubles proprioceptifs

Une étude dijonnaise ouvre une nouvelle voie de recherche sur l'origine et le traitement de la dyslexie. Quercia et coll. viennent de mettre en évidence un lien, apparemment fort, entre les troubles de la proprioception entrant dans le cadre du syndrome de déficience posturale et la dyslexie.

Les chercheurs ont étudié 60 patients dyslexiques, âgés de 11 ans et 9 mois, en moyenne. Dans tous les cas, le diagnostic de dyslexie de développement a été confirmé par un examen neuropsychologique. Les patients ont ensuite était soumis à un interrogatoire visant à rechercher des signes fonctionnels évocateurs d'une anomalie proprioceptive, puis à un examen clinique ophtalmologique et postural.

Il s'est avéré que la totalité des patients étudiés présentaient des signes cliniques démontrant l'existence de trouble de la proprioception entrant dans le cadre du syndrome de déficience postural décrit par Martins da Cunhà en 1979.

 

" J Fr Ophtalmol ", 2005, vol. 28, pp. 713-723.




Posté le Jeudi 15 décembre 2005 @ 08:01:34 par adminv

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