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La dyslexie, l'union fait la force!
   
Revue de presse Article : l'école de Lisbonne pour traiter la dyslexie

    

Article paru dans Le Bien Public du 23 novembre 2005

 

L’école de Lisbonne pour traiter la dyslexie

 

" En France 5 à 6 millions d'enfants sont dyslexiques ; on en diagnostique un sur deux. Chez ces enfants, rien n'a jamais été de nature à inquiéter les parents : simplement un peu agités, ils sont intelligents et scolarisés, issus de milieux sociaux culturels normalement porteurs. Jusqu'au jour ou l'école prononce le verdict : " votre enfant ne peut pas suivre ".

 

En réalité, au-delà de la dysorthographie et de la dysgraphie dans lesquelles on le cantonne, l'enfant dyslexique souffre d'une foule de troubles inaperçus, que médecins, parents et enseignants ne sont que trop rarement formés à détecter. C'est ce qui différencie la dyslexie de développement de la dyslexie due à un défaut d'enseignement (méthode globale par exemple).

 

Ces enfants font preuve d'une grande lenteur dans l'accomplissement d'une tâche ; ils ont des difficultés de concentration et confondent les sons ou signes graphiques qui se ressemblent. Ils sont maladroits, tombent, se cognent ; ils font aussi preuve d'une forme d'hyperactivité ; ils sont très fatigables et au bout du compte, assez déprimés.

 

Touchés au-delà de la lecture

 

C'est l'école portugaise de Lisbonne qui, depuis 25 ans, affirme que les enfants dyslexiques souffrent d'un défaut de la proprioception. " La proprioception, c'est ce 6e sens qui nous donne la perception de notre propre corps et le situe par rapport à son environnement ; il fait la synthèse de toutes les informations sensorielles qu'il transmet au cerveau afin que celui-ci transmette aux muscles un ordre en conséquence. Dans ce mécanisme les yeux et la posture sur les pieds sont fondamentaux ", explique le Dr Pichon, ophtalmologue à la retraite du CHU de Dijon, et qui s'est spécialisé dans cette approche originale de la dyslexie. Patrick Quercia, ophtalmologue beaunois, et le professeur Robichon, neurophysiologiste à l'université de Dijon, travaillent depuis deux ans de concert, pour que caution scientifique soit apportée à ce que l'expérience clinique portugaise a déjà mis en évidence. Leur rapport, rendu il y a quelques mois, confirme que tous les enfants dyslexiques présentent ce " syndrome de déficience posturale " (SDP) qu'occasionne une déficience de la proprioception. Celui-ci se diagnostique aisément, pour peu que l'on se livre à l'examen approfondi que bien souvent les ophtalmologues ne peuvent se permettre d'accomplir. " Les sujets ont des contractions et des points douloureux, que leur provoquent de trop fortes tensions musculaires ; la coordination de l'œil à la main est déficiente, ils n'accommodent pas, ne convergent pas (1), sont mal campés sur leurs jambes et ont des problèmes d'équilibre, entre autres. La rotation de la tête, l'écriture, l'articulé dentaire sont aussi examinés ", décrit le Dr Pichon.

 

Rééducation posturale

 

Le traitement de la dyslexie est classiquement dévolu aux orthophonistes et psychologues. " En stimulant ainsi le cerveau, on parvient à surmonter le handicap, mais les enfants retombent dès qu'ils ne sont plus suivis, et cela dure des années et des années. " A ce traitement l'école de Lisbonne a substitué avec succès un traitement de la proprioception dont la simplicité paraîtra presque suspecte. Il repose sur la prescription de lunettes à prismes (voir dessous ), assortie d'une rééducation posturale autant que linguistique. " Les enfants soignés de cette façon peuvent reprendre un rythme scolaire normal en trois à quatre mois, et cela définitivement ", affirme Pierre Pichon. " Le succès de l'opération exige pourtant une coopération de tous les praticiens. Les séances d'orthophonie sont nécessaires pendant quelques mois pour que l'entant rattrape son retard scolaire ; et les parents doivent veiller à ce que l'enfant respecte ses exercices de reprogrammation posturale, destiné à installer le mécanisme de proprioception. Dans ce sens, un podologue ou un orthodontiste peuvent être amenés à agir en complément. Au bout de quelques années, l'enfant pourra même se passer des lunettes ". Une méthode dont le Dr Pichon avait eu vent sur Internet, et qu'il avait découverte en congrès à Lisbonne. Il y a quelques années, un congrès s'est tenu à Beaune afin d'informer les ophtalmologistes français. Une quinzaine seulement en France, a choisi de poursuivre dans cette voie en diagnostiquant et en traitant le syndrome de déficience posturale à l'œuvre dans la dyslexie.

 

Joséphine BATAILLE

 

1) L'accommodation est cette fonction qui permet à l'œil de " zoomer " pour voir de près après avoir regardé à distance. Les yeux qui convergent normalement suivent jusqu’à loucher une pointe qui se rapproche jusqu'entre les deux yeux.

 

Des verres à prismes

 

Qu’elle soit d’origine centrale ( le cerveau ) ou périphérique, la dyslexie se caractérise dans tous les cas par un dysfonctionnement périphérique : celui de la proprioception. Les prismes dévient la lumière ; ils modifient donc la direction du regard et agissent par là même, sur la tension des muscles oculaires. Porter des verres à prismes rend donc possible une synthèse proprioceptive correcte, et de nouvelles commandes cérébrales ; les muscles qui se contractaient indûment se relâchent, jusqu’au bas du corps. A peine l’enfant n’a-t-il pas mis ses lunettes que disparaissent tous les symptômes décrits. Sur la monture d’examen la spécificité des verres à prismes passe inaperçue. Les lunettes de vue se distingueront en réalité par un montage spécial, cintré, et une forte inclinaison ( 15° environ ). Pour chaque verre, il faut compter 20 euros de plus qu’un verre normal.




Posté le Lundi 28 novembre 2005 @ 10:49:44 par adminv

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