APEDYS
   
La dyslexie, l'union fait la force!
   
Scolarisation Prise en charge scolaire de l’enfant dyslexique

Vous trouverez ci-dessous un document édité par l'APEDYS DES 2 SAVOIE.

 

 

Prise en charge scolaire de l’enfant dyslexique

 

Depuis février 2002 (1) un partenariat solide s’est instauré entre l’Education Nationale et l’APEDYS dans le cadre des groupes de pilotage départementaux sur les troubles d’apprentissage. Cela a permis, outre de mieux faire connaître la dyslexie, de mettre en place des mesures pratiques pour aider les enseignants et les enfants à mieux s’inscrire dans un processus de réussite aussi bien dans les apprentissages que dans les évaluations. Ces mesures pratiques sont consignées dans le site de l’Inspection Académique de Haute Savoie (voir dernière rubrique)



 

Le problème majeur d’un enfant dyslexique réside dans la lenteur à automatiser le langage écrit, ce qui génère des difficultés très importantes pour comprendre les énoncés, rédiger les copies ou assimiler les règles de grammaire, d’orthographe ainsi que les leçons. Le jeune dyslexique, qui par définition est doté d’une intelligence normale et qui est indemne de troubles psychologiques primaires, peut aussi éprouver des difficultés d’abstraction, d’anticipation, de projection dans le temps et dans l’espace ( par exemple il ne peut pas parvenir à se représenter le prolongement de deux droites jusqu'à leur intersection). Il doit utiliser des procèdes mnémotechniques car il ne peut pas automatiser certaines démarches cognitives.

 

C’est pourquoi, selon la circulaire n°2002-024 du 31/01/2002 publiée au BO n°6 du 07.02.2002 et la circulaire n°2003-135 du 8/9/2003, un Projet Individualisé de Scolarisation (PIS) ou PAI (Projet d’Accueil Individualisé) peut être mis en place afin d’assurer la continuité des parcours scolaires. Il peut être élaboré en commun avec le chef d’établissement, les enseignants, l’enfant, les parents, la médecine scolaire, l’orthophoniste (dans la pratique il manque souvent un ou deux de ces partenaires).

 

Le projet doit :

 

  • rappeler la situation de l’enfant
  • fixer les objectifs de l’intégration scolaire
  • indiquer les aménagements et adaptations pédagogiques adaptés à l’enfant et aux possibilités de l’enseignant
  • préciser les modalités de concertation entre les enseignants et les autres signataires du projet

 

6 à 8 % des élèves sont concernés par des problèmes de dyslexie à des degrés de sévérité plus ou moins élevé, soit deux élèves par classe en moyenne. Ce sont les particularités de chacun qui justifient la mise en place d’adaptations spécifiques. Mais sur les aménagements de base, l’expérience prouve que toute la classe en bénéficie dès lors qu’ils améliorent la compréhension des consignes données par l’enseignant. Et plus qu’un travail supplémentaire infligé à l’enseignant, c’est un regard différent qui révèlera les potentialités réelles de l’élève dyslexique.

 

Comment mettre en place un PIS ?

 

Les parents s’adressent au chef d’établissement (par oral ou si nécessaire par écrit) et réunissent tous les documents en leur possession : bulletins scolaires, bilan orthophonique ou bilan pluridisciplinaire attestant la dyslexie de l’enfant, éventuellement les adaptations pédagogiques antérieures. Après une période d’observation (3 semaines maximum) tous les partenaires se réunissent pour que chacun propose les aménagements qu’il est disposé à mettre en place. Le contrat est rédigé par le chef d’établissement dans lequel toutes les propositions sont consignées matière par matière, avant de procéder à la signature des parents, de l’enfant et du chef d’établissement. Le contrat n’est pas figé et peut-être révisé en cours d’année pour mieux s’adapter aux progrès de l’élève.

 

Conseils pratiques

 

La prise de notes

Pour le dyslexique, la copie est une torture. Il copie lettre par lettre, sans mémoire de travail, il cherche sa ligne, hésite, rature. Il ne dispose pas de mode automatique juste, pour reconnaître si telle syllabe existe ou non. Il est condamné à découper son travail en plusieurs temps : écrire, puis se corriger.

 

Comment l’aider (liste d’exemples non exhaustive)

  • fournir les cours photocopiés ou par internet, de préférence à l’avance afin que les parents puissent dégrossir la leçon ou faire référence au livre.
  • favoriser son écoute et sa mobilisation d’attention sur le contenu du cours en classe, sans pour autant le dispenser de prendre des notes si le professeur écrit au tableau (utiliser les couleurs, gros caractères, rédiger un plan)
  • ou lui faire surligner les cours photocopiés (les photocopies seront en gros caractères, aérées, avec mise en évidence de l’essentiel)
  • le placer près du tableau et du professeur
  • utiliser un dictaphone pour l’enregistrement des leçons ou des exercices

 

La lecture 

Un dyslexique apprend à lire à chaque fois qu’il lit. Il décode, puis relit pour comprendre, donc il perd du temps et dépense beaucoup d’énergie

 

Comment l’aider :

  • lui lire les énoncés,
  • utiliser la reformulation de l’énoncé par l’enfant, afin de s’assurer de sa compréhension
  • utiliser des exercices à trous, plutôt que lui faire copier un exercice.
  • utiliser les bandes audio pour les ouvrages littéraires, ou bien les parents les liront à haute voix à leur enfant.

 

L’écriture

 

Le dyslexique a souvent des problèmes d’anticipation et d’évaluation de la place nécessaire pour un nombre de lettres. Il est très souvent dysorthographique.

En rédaction, lorsque le dyslexique écrit, pour lui, son histoire est claire, elle a du sens, il ne se rend pas compte qu’elle n’est pas forcément compréhensible pour le lecteur.

 

Comment l’aider :

  • ne pas le pénaliser pour l’orthographe
  • lui laisser des espaces d’essais (sous main, ou page de gauche)
  • lui permettre d’utiliser l’informatique pour rendre des copies propres (correcteur d’orthographe, logiciel à reconnaissance vocale)
  • en expression écrite, réduire la quantité, en précisant les exigences qualitatives
  • rendre une correction écrite lisible et constructive
  • En ce qui concerne les dictées, afin d’épargner la moyenne générale et les éternels 0/20 qui ne mesurent pas les progrès, il est maintenant pratiqué au niveau des examens, une dictée aménagée. Il s’agit de donner la même dictée qu’aux autres mais à lire sur papier libre et avec plusieurs propositions d’orthographe sur certains mots et expressions grammaticales parmi lesquelles se trouve la bonne réponse que l’élève devra entourer. Cette pratique pourrait s’étendre aux contrôles continus.

 

Les leçons

 

Le jeune dyslexique n’a pas toujours la compétence de ré-évoquer une notion acquise, de la mettre à disposition et d’utiliser sa mémoire de travail.

Il va passer énormément de temps pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur de ses efforts.

 

Comment l’aider :

  • lui permettre de matérialiser par des codes visuels ou sonores
  • utiliser des procédés mnémotechniques (anecdotes, dessin….)
  • lui donner le droit d’utiliser des aides mémoires, calculatrice…
  • les parents peuvent lui lire sa leçon à haute voix et faire des fiches avec des mots clés

 

Langues étrangères

  • évaluer le plus possible à l’oral.
  • lui expliquer les exercices en français ainsi que les leçons
  • utiliser des QCM, des exercices à trous
  • enregistrer des textes pour l’aider à apprendre ses leçons, possibilité d’utiliser un dictaphone en cours

 

Pour les tests de connaissance

  • lui lire les consignes à voix haute ou utiliser un dictaphone.
  • prendre en compte la lenteur inhérente à la difficulté de lecture et d’écriture en proposant un contrôle faisable pour l’élève dans le temps imparti : soit en instaurant un tiers temps supplémentaire qui leur est accordé aux examens, soit en enlevant un exercice, ou encore en terminant le contrôle oralement. Sinon pratiquer la double notation qui permet à l’élève de connaître son taux de réussite réel en fonction de son travail effectif en ramenant la note sur 20. Cette double notation permet de relativiser son niveau au moment des délibérations du conseil de classe. Mais dans tous les cas, on veillera à mettre en place les stratégies nécessaires pour qu’il ne perde pas de temps inutilement.
  • inscrire les barèmes pour optimiser son organisation.

 

Aménagements aux examens

 

La dyslexie génère, pour les élèves qui en sont atteints, un désavantage important au regard de leurs performances aux épreuves écrites d’examens publics organisés par le ministère de la jeunesse, de l’éducation et de la recherche .La circulaire 2002-24du 31 janvier 2002( sur la mise en œuvre d’un plan d’action pour les enfants atteints d’un trouble spécifique du langage oral ou écrit) a pour objet de fixer les aménagements dont les élèves dyslexiques doivent pouvoir bénéficier en compensation de leur handicap et tout en préservant l’égalité entre tous les candidats 

 

Soit selon le degré de sévérité et au cas par cas :

 

  • Tiers temps supplémentaires aux épreuves orales et écrites
  • Ordinateur et logiciel à commande vocale
  • Aide d’une tierce personne, chargée de lire les énoncés à l’élève dyslexique.
  • Secrétaire chargé non seulement de la même mission mais aussi d’écrire sous la dictée du candidat.
  • Pour le brevet des collèges : les candidats pourraient éventuellement bénéficier de l’épreuve adaptée d’orthographe prévue pour les malentendants. ( mise en place dans l’académie de Renne par Mr le Recteur : Marc Debène)
  • Pour le baccalauréat, les candidats qui n’obtiennent pas une moyenne suffisante à l’ensemble des épreuves, peuvent conserver le bénéfice des notes supérieures à la moyenne et donc ne repasser que les épreuves échouées à la session suivante. Références : circulaires n°2003-100 du 25 juin 2003 (aménagement aux examens) - BO n°32 du 04/09/03 (baccalauréat)

 

Procédure et démarche 

  • Les parents feront un courrier demandant des " dispositions spéciales aux examens ",conjointement avec le médecin scolaire et le chef d’établissement (joindre certificat de l’orthophoniste, ou notification de la CDES quand l’élève y est déjà connu, certificat du médecin, bilan pluridisciplinaire, avis d’un enseignant référent….)
  • Envoyer le dossier à la CDES deux mois avant le début de la première épreuve.
  • La CDES décidera des aménagements à l’examen.

 

 

DEMANDES SPECIFIQUES

 

Demande de Matériel pédagogique

  • En Haute-Savoie, adresser le dossier à Martine LENOEL pour le premier degré, au Docteur DARGENT pour le second degré.(à la CDES)
  • En Savoie, à la CDES du Département

D’après la circulaire n°2001-061 du 5/04/2001 et n°2001-221 du 29/10/2001

Les enfants dyslexiques peuvent bénéficier de prêt par le rectorat d’ordinateur portable, avec logiciel à reconnaissance vocale dans le cadre du PIS

 

Demande d’AES (Allocation d’Education Spéciale)

Cette allocation est destinée, dans le cas de troubles sévères, à couvrir les frais inhérents à la prise en chargeCirculaire DESCO 2004-157 du 29 mars 2004, relative à l’application pour les personnes atteintes de troubles d’apprentissage du langage oral et écrit et d’après le guide barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées.

Demande d’Auxiliaire de Vie Scolaire( AVS) ou d’Assistant d’Education :

La loi permet cette assistance pour les cas sévères (2)

 

En cas de dysfonctionnement ou de refus

Parents, enseignants, chef d’établissement, vous pouvez contacter:

  • Une association de parents (FCPE, PEEP, APEDYS …) qui peut vous aider.
  • HANDISCOL (3) au 0.801.55.55.04 qui recense les problèmes rencontrés par les familles ou par les enseignants et qui répercute au ministère les dysfonctionnements et les inquiétudes.
  • Handiscol 74: Lenoel Martine, 48,bis avenue de la république CRAN GEVRIER BP9001 74990 ANNECY CEDEX. Tel : 04.50.88.21.31 (Il n’existe pas de HANDISCOL sur la Savoie)
  • Le médecin conseiller technique de l’inspection académique :
    Pour la Savoie : Dr Catherine Lombard - Pour la Haute Savoie : Dr Christophe GUIGNE
  • Le médiateur académique :Mme Bellemin :7,place Bir Hakeim 38021 GRENOBLE
    tel : 04.76.74.76.87
  • Le médiateur de l’Education Nationale : Jacky Simon :110 rue grenelle 75357 PARIS 07
    tel : 01.55.55.39.87
  • ou le correspondant du DEFENSEUR DES ENFANTS :
    Pour les deux Savoie : Anne Chantal Grévy Pigelet (Sous préfecture 122 rue du pont BP 138 74136 BONNEVILLE 06.12.18.51.94)

 

Pour en savoir plus …

 

La véritable injustice, celle contre laquelle tout citoyen ne peut que s’élever est celle qui empêcherait un individu, quel qu’il soit, (…) d’accéder à une position sociale qui lui est en théorie permise, voir promise, mais en pratique interdite ; le dyslexique a longtemps été la victime exemplaire de ce genre d’injustice "

" La dyslexie à livre ouvert "

Dr Michel HABIB. Neurologue au CHU de Marseille

 

 

 

(1) Circulaire n° DGS/SD6D/MEN/2002/68 du 4 février 2002 relative à la mise en œuvre d’un plan d’action interministériel pour les enfants atteints d’un trouble spécifique du langage oral ou écrit, élaboré suite au rapport de Monsieur Jean Charles RINGARD

.

Circulaire n°2003-135 du 8/9/2003 : accueil en collectivité des enfants et des adolescents atteint de trouble de la santé évoluant sur une longue période.

 

(2) Loi n° 2003-400 du 30 avril 2003, Art l- 916 : Des assistants d’éducation peuvent être recrutés par les établissements d’enseignement pour exercer des fonctions d’assistance à l’équipe éducative, fonction en lien avec le projet d’établissement pour l’encadrement et la surveillance des élèves et l’aide à l’accueil et à l’intégration des élèves en situation de handicap, y compris en dehors du temps scolaire.

Art l 916- 2 :les assistants d’éducation peuvent être mis à la disposition des collectivités territoriales pour participer aux activités complémentaires prévue à l’article l 216-1 ou aux activités organisées en dehors du temps scolaire dans les écoles et les établissements d’enseignement.

Conformément à l’article l 212-15 :Une convention ,conclue entre la collectivité intéressée et l’établissement employeur dans les conditions prévues à l’article l 216 – 1, précise les conditions de cette mise à disposition

(3)L’APEDYS DES DEUX SAVOIE siège à la commission Handiscol 74 , au schéma départemental sur l’enfance handicapée, au comité départemental 73 de lutte contre les troubles spécifiques des apprentissages et au groupe de pilotage départemental 74 sur les troubles du langage




Posté le Lundi 04 avril 2005 @ 09:47:38 par adminv

Liens Relatifs



Page Spéciale pour impression  Envoyer cet Article à un ami 


Tous les Logos et Marques sont déposés, les commentaires sont sous la responsabilité de ceux qui les ont publiés. pour plus d'informations

Temps : 0.1509 seconde(s)